Birtouta
- Un village d'Algérie :
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8
Ko / 9 s
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plaine de la MITIDJA avait la redoutable célébrité
des marais et des fièvres. En effet, le sol et le sous-sol de cette
région contiennent une grande proportion d'argile. Or, l'accumulation
des eaux est considérable puisque, en dehors des eaux de pluie, les
eaux de ruissellements venues du Sahel, au nord, et de l'Atlas, au sud,
convergent dans ce marais. ----Une minime partie de ces eaux peut s'infiltrer, le reste s'écoule difficilement vers l'est par l'oued Terre, qui rejoint l'Han rach et vers l'ouest par l'oued Tleta qui se jette dans le Mazafran, car la pente est insuffisante: 1 mm par m. L'assèchement se fait donc sous l'action du soleil et des vents, mais dans les creux l'eau croupit longtemps. C'est le domaine des moustiques, de l'anophèle qui propage les fièvres. Ces fièvres marquèrent si profondément les habitants qu'Européens et indigènes pensaient que le paludisme était inévitable. ----En 1926, à BIRTOUTA, fut créée une station expérimentale de lutte contre le paludisme dans le marais des Ouled Mendil situé à 2 km au sud du village. Ce territoire de 360 ha fut concédé par l'Etat à l'Institut PASTEUR (décret présidentiel du 15 septembre 1927). La station fut placée sous la direction du docteur Etienne SERGENT dont le souvenir fut longtemps évoqué à BIRTOUTA et que ma mère Madeleine BAGUR a bien connu quand il allait à MONTEBELLO. ----Aussitôt, le Docteur SERGENT et son frère prirent trois sortes de mesures prophylactiques - protection mécanique du personnel de la station contre les moustiques (toiles métalliques aux ouvertures des habitations moustiquaires, etc.) ; - distribution de quinine aux habitants car la quinine détruit l'hématozoaire du paludisme, transporté par l'anophèle qui va le chercher chez le malade; - lutte contre l'anophèle qui trouve son domaine d'élection dans les marais où vivent ses larves. Il faut donc supprimer les eaux stagnantes, donc drainer les marais. |
----Il
a fallu creuser 35 km de fossés pour l'écoulement des
eaux, colmater les bas-fonds avec des alluvions dirigées, dessécher
les creux grâce à la plantation de 57 000 arbres, en particulier
des " gambusias " du Texas, grands buveurs d'eau. |