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Dans un classeur, soigneusement rangées
-et de ce fait malheureusement oubliées depuis de nombreuses
années- je viens de retrouver un certain nombre de coupures
de journaux d'Alger .
Celles des années 1950-1953, contiennent en particulier
la rubrique de Marcel Paviot "Petite histoire de nos sanctuaires",
illustrée de dessins de Charles Brouty. On y retrouve décrits
et resitués dans leur contexte urbain et historique un
ensemble de sites religieux, églises, chapelles, temples,
de notre ville d'Alger. Ci-dessous un de ces articles
LE TEMPLE ISRAELITE GRAND RABBIN BLOCH
Etroites et grouillantes de marchands ambulants et de portefaix,
les rues Randon et Marengo font leur jonction sur une petite place
au bord de laquelle s'élève un bel et imposant édifice.
C'est la grande synagogue d'Alger qui porte le nom du grand rabbin
Abraham Bloch.
Inaugurée en 1885, elle est, malgré son aspect extérieur,
la plus riche et la plus importante de la ville. En effet, sous
ses lignes sobres et sa façade originale devant laquelle
s'avance un large escalier de granit, le temple abrite de véritables
trésors.
Dans les faisceaux de lumière que diffuse le superbe lustre
suspendu à la grande coupole centrale on peut admirer tout
d'abord la splendeur architecturale du dôme et de ses corniches
sous lesquelles se découpent, en forme de " table
de la Loi ", des ouvertures garnies de beaux vitraux.
Autour de la chaire finement sculptée, deux plaques de
marbre, ornées de plaques de bronze portent le nom des
soldats israélites morts pour la France. D'autres plaques
apposées à chaque angle des murs rappellent le souvenir
des bienfaiteurs de la communauté.
Le grand orgue magnétique, témoin des événements
joyeux ou douloureux, s'y associe, par ses sons harmonieux.
Enfin, dans le Tabernacle sont pieusement rassemblés des
souvenirs. Parmi eux figurent des " sépharim "
dont un remonte au XVe siècle.
Il convient de noter aussi une relique des rabbins Barchichat,
et Duran, fonda teurs du judaïsme en Algérie. C'est
une coiffure espagnole, espèce de toque de drap, que certaines
familles d'Alger, descendants directs de ces deux personnalités,
ont coutume de porter encore à cer taines cerémonies.
Cette synagogue est très fréquentée depuis
la démolition de celle de la rue' Volland. On ne peut ne
pas évoquer en, cette circonstance cet édifice de
style hispano-mauresque aux imposantes colonnes de marbre, aux
sculptures dentelées, aux riches mosaïques. Il avait
été construit à l'emplacement même
où existait déjà, sous la domination turque,
un des premiers temples israélites.
Pour terminer, rappelons un souvenir émouvant de l'ancien
grand rabbin d'Alger et ancien aumônier militaire, signalé
par M. Henry Aioun, secrétaire général du
consistoi re d'Alger, dans un de ses ouvrages :
" C'était pendant la guerre 1914-1918. Un soldat
blessé mortellement au cours d'un combat, demanda au grand
rabbin Bloch -qu'il prit pour un prêtre catholique- d'embrasser
le crucifix. Méprisant le danger, l'aumonier juif alla
le chercher alors que la mitraille faisait rage. Il revint, la
croix à la main, jusqu'au moribond. A cet instant, frappé
d'une balle en pleine poitrine, il tomba pour ne plus se relever
".
Par Marcel PAVIOT
Transmis par Raphaël PASTOR
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