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site le 21-06-2004
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dans l'espace vallonneux que forme le sahel algérois que ce petit
village a été édifié par des émigrés
alsaciens. ------Pour en situer l'époque, certains écrits indiquent que son église a été consacrée le 21 mars 1841 par le premier évêque d'Algérie: Monseigneur DUPUCH. ------Au départ d'ALGER, distant d'une dizaine de kilomètres, il est accessible en empruntant les tournants ROVIGO, en longeant la prison civile " BARBEROUSSE " et la caserne d'Orléans ou alors la rue Michelet et le boulevard Galiéni, ces deux itinéraires rejoignant EL-BIAR, point de passage obligé. ------Non loin de là, CHATEAUNEUF, carrefour des routes de BOUZAREAH, CHERAGAS et SAINT-FERDINAND, MAHELMA, cette dernière conduit, par le " Retour de la chasse " à BEN AKNOUN (et son lycée, vivier de bien beaux esprits). Un parcours ombragé mène ensuite au hameau des " DEUX BASSINS ". S'amorce alors une côte sinueuse qui rencontre l'embranchement d'EL-ACHOUR avec en contre-haut, dissimulée dans d'épaisses frondaisons, la ferme BOYER. -----Enfin, au sortir d'un virage, la route, bordée d'eucalyptus, laisse entrevoir un cimetière militaire anglais (marque de la seconde guerre mondiale), avant de s'engager dans l'agglomération de DELY-IBRAHIM où les maisons étagées à flanc de coteaux entourent l'église. -----Dans la partie inférieure du village, bordant de part et d'autre l'axe conduisant vers OULED FAYET, s'alignent entre autres demeures, l'unique boulangerie du pays (SEMPERE), l'auberge du " BON CANARD " (AUBIS), réputée pour une certaine gastronomie, le monument aux morts, le Café de France (PICOT), la Mairie, l'épicerie HUGOU, véritable caverne d'Ali-Baba. -----À la sortie du village, vers la colline du " Grand Vent ", juché sur un sommet voisin surplombant EL-ACHOUR, le cimetière caractérisé par ses stèles dont les inscriptions indiquent les dates les plus anciennes de la présence française. -----Revenant sur la partie supérieure du village, la poste et ses dépendances occupent une position dominante. La route, vers CHERAGAS, sur son tracé, le long de la crête balayée par les vents, offre un vaste point de vue sur l'étendue des cultures, blondes et ondoyantes au moment des moissons. D-----ans le lointain, masqué par aucun relief en cet endroit, le " PETIT STAOUËLI ", le domaine viticole BORGEAUD, et au-delà se dessine par temps clair la plage de SIDI FERRUCH avec, pour les témoins de l'époque, l'inoubliable vision de l'armada Anglo-Américaine débarquant le 8 novembre 1942. -----En poursuivant vers CHERAGAS, le " Bois des Cars " devient visible. C'est un bel endroit agréablement odorant dont les essences principales sont: le pin d'alep, le cèdre et le cyprès. -----Les chemins qui le sillonnent se raccordent à une clairière centrale au milieu de laquelle a été érigé, en 1912, un monument à la mémoire des combattants du corps expéditionnaire de l'Armée d'Afrique de 1830. Cet ouvrage est surmonté du buste du lieutenant général " DUC des CARS " qui s'illustra dans diverses activités glorieuses. -----Face à cet édifice, la guinguette du père MARI et, à proximité, le boulodrome, haut lieu de divertissement sportif où villageois et autres Algérois se mesurent avec passion dans d'âpres concours de " longue ", toujours clôturés par de copieux arrosages à la guinguette d'à côté. Aux abords du bois, dans la partie opposée à la route de CHERAGAS, la tribu de la ZOUAOUA (ou ZOUAVA) est un groupement de familles autochtones qui, selon des dires, aurait été créé par les autorités pour y accueillir les anciens " enrôlés " dans les régiments de zouaves. Jouxtant toujours le bois, la ferme KASTLE, dont le maître des lieux, un solide cultivateur attaché à sa terre, est un authentique descendant des pionniers alsaciens. -----Dans le voisinage du village, sur une hauteur, existe un orphelinat de confession protestante avec, attenant, un temple d'allure simple, sans faste ni éclat. Vivant très discrètement, dans un milieu aux pratiques très austères, les pensionnaires n'ont de contact avec l'extérieur que sur les bancs de l'école. -----Dans le prolongement de cet établissement, surplombant le village, se dresse la colonne BOUTIN, du nom d'un colonel du génie qui, sous les apparences d'un paisible pêcheur, avait sondé les fonds marins autour d'ALGER pour conclure que le meilleur endroit pour un débarquement militaire se trouvait à SIDI-FERRUCH. ----À la vérité, les descriptions de ce paysage, à l'exception de l'aspect géographique, ne correspondent pas, hélas, à la réalité d'aujourd'hui. -----Autour des années 1938-1954, il était agréable de vivre dans cet îlot champêtre. L'air y était salubre et souvent recommandé par le corps médical. -----Chacun y avait sa place dans des activités diverses. Les cultivateurs, les plus nombreux, exploitaient leurs terres dans les domaines céréaliers, viticoles, maraîchers et dans la production laitière. D'autres exerçaient leur métier à la ville. -----Les plus âgés, retirés de la vie active, coulaient des jours tranquilles au rythme du carillon de l'église qui égrenait ses notes (accordées à trois tons) tous les quarts d'heure. -----Pour toute force de police, un garde champêtre, en képi à épis de blé, assurait une surveillance relative, assisté, en cas de besoin, par la brigade de gendarmerie de CHERAGAS. Dans cette fonction, les CAZERTE et ROUX, entre autres, s'y sont, tour à tour, distingués. Rémy CORBI, le cantonnier, entretenait assidûment la voirie avec, également la tâche ingrate de creuser les fosses au cimetière. ------De cette population émergeait une personnalité marquante: l'abbé CERALTA, curé de la paroisse, successeur du bon père DAIGNIERE. ------Homme d'une grande force physique, à la barbe drue et à la voix retentissante, il était très influent dans le cadre de son ministère. D'une rare érudition dont il faisait profiter son entourage, il n'hésitait pas à " tomber " la soutane pour prodiguer à la jeunesse ses conseils sportifs. |
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