|
---------En 1904,
René Garnier, alors directeur de La Revue Nord-Africaine fondait
le "Comité Lamy", avec Armand Mesplé, Paysant,
Tachet et Georges Marchant. Ce comité prit l'initiative d'une souscription
publique dans le but d'ériger un monument à la gloire de
celui qui ouvrit la route d'Alger au Tchad et au Congo, au héros
de Kousseri (22 avril 1900).
---------La
souscription fut couverte en quelques mois. Elle laissa un reliquat de
120 francs, qui fut affecté à un prix de tir au 1er régiment
de tirailleurs algériens.
---------Amédée-François
Lamy naquit le 7 février 1858 à Mougins aux environs de
Cannes. Il fit ses études à La Flèche, puis à
Saint-Cyr et partit comme lieutenant au let régiment de tirailleurs
à Blida.
 |
--------Il
se bat en Tunisie (1884-1886). De retour en Algérie, il est nommé
chef de poste à El-Goléa. De 1893 à 1894, il parcourt
en mission le bassin du Nyand et du Kouilou-Niari. En 1895 il fait campagne
à Madagascar où il reste jusqu'au printemps de 1897, date
à laquelle il est nommé chef de bataillon et, dans le même
temps, officier d'ordonnance du président de la République.
Cette promotion le met en mesure de préparer la fameuse expédition
Foureau-Reibell-Lamy qui, le 23 septembre 1892, laisse derrière
elle Ouargla, pour gagner le grand Erg, et de là, le Tchad, le
but.
---------Le
commandant Lamy fut tué le 22 avril 1900 au combat de Kousseri.
Ainsi finit une vie ardente, dédiée à la plus grande
gloire du pays africain.
---------Le
sculpteur Emile Gaudissard, résidant à Paris, est chargé
de l'exécution du monument qu'il achève fin mars 1906. Le
lieutenant-colonel Reibell qui fut chef de la mission saharienne, se rend
à l'atelier du jeune artiste et constate la parfaite ressemblance
de l' oeuvre sculpturale.
---------L'inauguration
a lieu en mai 1906 au square Laferrière en présence du gouverneur
général Jonnart, du général Ménestrel,
du lieutenant - colonel Reibell, de M. Jouve faisant fonction de maire
cliquer sur l'image.
.
---------À
ce sujet, M. Gojon écrivit dans La Revue Nord Africaine du 3 juin
1906 :« une foule énorme se presse
et déjà a escaladé le talus des aloés... Toutes
les fanfares saluent. Les trompettes des chasseurs, les fifres de la nouba,
la musique des Zouaves s'unissent dans une orgie de cuivres pour un hymne
triomphal.»
---------À
l'issue te de la cérémonie, M. René Garnier dit une
Ode à Lamy, sujet imposé aux Jeux Floraux de 1906, composée
par le lauréat, M. Henri Hartmann
--------------------------De
la matière aride
--------------------------Tu surgis, Lamy,
rehaussant
--------------------------L'éclat
de ton front
--------------------------Sur notre ciel
éblouissant!.
---------Le
Comité avait reçu avant l'inauguration une note de l'autorité
militaire, en l'occurrence le Génie, lui enjoignant d'avoir à
déplacer le monument sur première réquisition ...
au nom de la sécurité nationale.
---------Musette,
le chantre de l'humour, ne manqua pas de blaguer le fait avec l'esprit
et l'à-propos que beaucoup lui connurent : «
Cette disposition dictée par la prudence produisit un tel effet
sur le petit père Maillot, son voisin, qu'il ricana comme un basson...
Bugeaud lui-même, le grand maréchal qui du haut de son socle,
fut secoué d'un rire homérique. Cependant, informé
du péril que faisait courir au pays l'oeuvre de Gaudissard, examina
la possibilité de la placer sur un socle à roulettes et
de la voiturer à la première alerte.»
---------En
1930,lors de la commémoration d'Ouargla , les survivants de la
mission Reibell-Foureau-Lamy vinrent déposer une gerbe sur la stèle.
Ils obtinrent à ce moment du représentantdu de la municipalité
l'assurance formelle que le monument ne serait déplacé sous
aucun prétexte .
---------Hélas!
il ne devait pas en être ainsi et, il y a de cela de nombreuses
années, afin de ne pas gêner l'ordonnance d'une perspective
parfaite face au monument aux morts (boulevard Laferrière), on
transporta le buste de Lamy à Bab-el-Oued dans la partie supérieure
du square du maréchal Joffre.
|