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-----Salomon ASSUS est né le 31 Août
1850 à Alger dans l'ancien "quartier de la Marine", rue
Navarin.
-----C'est dans cet ancien quartier de la
Marine qu'il vécut son adolescence.
-----A cette époque c'était
le centre de la ville. Alger ne s'étendait alors qu'entre la porte
fortifiée de Bab-el-Oued et celle de BabAzoun, entre le boulevard
Guillemin et ce qui devait devenir la Grande Poste.
-----Salomon Assus fit ses études
secondaires au grand Lycée National d'Alger où il eut pour
condisciple et ami Charles de Galland. Puis sorti du lycée ce fut
l'Ecole des Arts et Métiers puis l'Ecole des Beaux-Arts d'Alger
installée alors dans la basse Casbah et que dirigeait le peintre
Lazerges.
Premiers coups de crayon
-----En 1868, Salomon Assus, à dix-huit
ans, fait paraître. en collaboration, un album intitulé :
"Coups de crayon et coups de plume" charges et biographies des
célébrités du moment.
-----En mars 1877 il collabore avec de Noter
au "Tartempion" journal algérois satyrique, artistique
et humoristique.
-----Puis il partit compléter son
éducation à Paris. II y rencontra André Gill, (le
caricaturiste de l'Eclipse, auteur de l'enseigne du
cabaret du père Frédé, rue des Saules : le "Lapin
à Gill...". Puis il séjourna, chez sa tante, à
Londres, où il compléta son éducation artistique
en étudiant sur place les toiles des maître anglais. II y
rencontre Gustave Doré. Son rêve, à Paris devint alors
de travailler pendant une année au moins chez ce dessinateur réputé
Gustave Doré. La guerre de soixante-dix et la crise qui suivit
l'empêcheront de le réaliser. L'influence d'André
Gill, à Paris, se fit sentir, tout au moins au début de
sa carrière, dans les portraits-charges des célébrité
algériennes de l'époque et que Salomon ASSUS exécuta
plus tard jusque vers les années 1895-1896 pour la première
page de différentes revues, notamment " Le Turco", "La
Revue Algérienne "Le Charivari Oranais" puis le "Charivari
Oranais et Algérois". On retrouve en effet,dans ces portraits
les mêmes déformations que celles que présentent ceux
d'André Gill : la tête, considérée comme le
centre d'intérêt est l'objet d'une analyse formelle psychologique
serrée ; son volume, pour la même raison est démesurément
grossi comme pour forcer l'attention sur ce qui doit être considéré
comme l'essentiel alors que le corps ne semble être là que
pour exprimer l'action en s'accompagnant d' attributs particuliers au
personnage. II est parfois même, chez certains, remplacé
par celui d'un animal pour rendre plus évident un travers ou un
trait de caractère. Mais ces traits disparurent quand ASSUS réalisa
ses cartes postales. II fit alors preuve d"une technique tout à
fait personnelle.
Scènes et types
-----Là, Salomon Assus fut en quelque
sorte le témoin de son temps, aussi bien par les personnalités
qu'il dessina que par les scènes de rue qu'il décrivit avec
humour et vérité. II fit en particulier un portrait de Salomon
Zennati, célèbre rabbin vénéré au XIXè
siècle qui aurait porté une lettre de l'Emir Abd-el-Kader
au roi Louis-Philippe en 1839.
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-----Parmi tant d'autres il fit les portraits
de M. Eugène Robe. Conseiller Général, d'Aumerat,
et de nombreuses célébrités de l'époque.
-----Ces portraits, en plus de l'attrait
politique qu'ils présentaient constituaient avec les scènes
et types algériens, des documents d'un vif intérêt
sur l'évolution de ce pays et sur l'atmosphère qui y régnait
à une certaine époque.
-----II s'appliquait, d'ailleurs à
représenter les différents types d'habitants de cette Algérie
de fin de siècle sous forme d'une série de groupes divers
à l'habillement et au parler divers, caractérisant cette
cohabitation polyethnique, à l'époque, à première
vue, harmonieuse.
-----Mais avant d'en venir à ces "scènes
algériennes" par lesquelles s'affirme, dégagée
de toute influence, la personnalité de Salomon Assus dans toute
son originalité, il convient de rappeler qu'il fut aussi un peintre
d'un authentique talent. Malheureusement peu de ses peintures subsistent
aujourd'hui.
-----Dans ces scènes, ces types de
la rue, dans l'étude desquels il s'est entièrement réalisé
témoignaient de rares dons d'observation et d'un sens pénétrant
de la vie. C'est pourrait-on dire l'essence d'Alger... d'un Alger non
point tant observé de l'extérieur mais vécu. éprouvé
presque, dans l'invention qui n'était qu'une restitution.
-----C'est la plupart de ses dessins qui
illustrèrent ensuite ses cartes postales. Cartes postales qu'il
édita lui-même ; ces cartes postales humoristiques furent
propagées et vendues non seulement sur tout le pourtour méditerranéen
mais également dans les pays du Moyen-Orient et dans des villes
de la Mer Rouge comme Aden...
Un fin lettré
-----Salomon Assus parlait couramment plusieurs
langues, l'arabe, l'anglais, l'espagnol,...
-----Les sujets traités sur ces cartes
étaient accompagnés de textes humoristiques. Ces cartes
postales que se disputent les collectionneurs sont devenues rares aujourd'hui.
-----II en est également qui représentent
la plupart des personnalités, d'Alger, et de France. L'ensemble
constitue un document historique et sociologique de valeur sur toute la
seconde moitié du XIXè siècle.
-----C'est également Salomon ASSUS
qui immortalisa "Cagayous" ce gavroche Algérois, enfant
de Bab-el-Oued. II en fit l'image pour illustrer les récits picaresques,
aujourd'hui à peu près introuvables, oeuvres de son ami
Robinet alias Musette et dont le succès s'est étendu jusqu'en
territoire métropolitain. (on vient d'en faire une partielle réédition).
-----De nombreux dessinateurs tentèrent
à Alger de l'imiter en empruntant ses sujets mais ils y apportaient,
outre le superficiel de l'observation un esprit de moquerie agressive
tout à fait étranger à son talent. Ses oeuvres doivent
souvent être lues au second degré.
-----En effet, on chercherait en vain dans
ses dessins la moindre trace d'agressivité ou d'intolérance
: la vérité y est seulement rendue évidente par l'exagération
de certains traits humains, dans le sens de la drôlerie sans doute,
mais toujours avec l'accent de la sympathie et l'unique et l'innocent
désir d'amuser et surtout de témoigner. Jamais ni critique,
ni dénigrement. Attitude volontairement intransigeante qui lui
fit rompre toute collaboration avec la presse à partir de l'année
1897, malgré ses grandes difficultés financières.
-----Pendant la grande guerre et après
le départ de son grand fils et de ses gendres, il dut subvenir
aux besoins de ses enfants et petits-enfants. Surmenage et manque d'argent,
dit-on, le mirent à dure épreuve.
-----Salomon Assus est mort à Al,er
en 1919 au cours de l'épidémie de grippe espagnole. Son
corps est inhumé au cimetière de Saint-Eugène à
Alger. Une décoration ornait sa boutonnière.
-----Une rue d'Alger portait son nom.
Docteur André Assus
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