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DÉVELOPPEMENT
DURABLE.
-----Curieuse expression
qui, un beau matin, s'est engouffrée brusquement dans notre univers
et qui, depuis, fait florès.
-----DÉVELOPPEMENT
DURABLE. Deux mots dont l'association insolite frôle le pléonasme.
Tous ceux qui, par éducation, formation, n'adhèrent pas
au club des artisans de l'éphémère ne peuvent concevoir
d'entreprendre quoi que ce soit, de développer un projet autrement
qu'avec un objectif de durée, de longévité.
-----DÉVELOPPEMENT
DURABLE. Le sujet doit cependant être d'importance. Songez que,
dans notre actuel Gouvernement, il relève des attributions de deux
de nos Excellences. Ayant en charge le Ministère de l'Ecologie
et du Développement Durable, Roselyne BACHELOT-NARQUIN est assistée
de Tokia SAIFI en qualité de Secrétaire d'Etat au Développement
Durable.
-----DÉVELOPPEMENT
DURABLE. Un substantif et un adjectif qui font déplacer la terre
entière. De RIO, PORTO ALEGRE - rien à voir avec Claude,
le chasseur de mammouths - à JOHANESBOURG pour nous en tenir à
quelques manifestations récentes, combien de milliers, de dizaines
de milliers de personnes ont fait le déplacement? Des Chefs d'Etats,
de Gouvernements, des Ministres, des Conseillers et encore beaucoup plus
de contestataires venus faire entendre leur opposition avant même
l'ouverture des discussions et surtout se faire voir, passer à
la télé. Ne soyons pas curieux. Ne cherchons pas qui paie
la facture.
-----Mais
savez-vous en quoi consiste exactement le DÉVELOPPEMENT DURABLE?
Peut-être pas. N'en rougissez pas. Personne n'a pris la peine de
vous l'expliquer. N'en faites pas un complexe. Beaucoup de nos chers députés
- chers à nos impôts - sont dans le même cas. Jugez
plutôt. Lors d'une enquête, un journaliste leur demandait
d'indiquer le domaine dans lequel évolue MI', Tokia SAIFI, Secrétaire
d'Etat au Développement Durable. Ne perdons pas notre temps. Deux
réponses suffiront. Pour l'un " Elle s'occupe d'un truc (sic)
européen " tandis qu'un second pense " qu'elle fait un
peu dans le social ". Sans commentaires. Au fait, à combien
s'élèvent les indemnités mensuelles des parlementaires?
-----Revenons
au DÉVELOPPEMENT DURABLE et essayons de comprendre de quoi il s'agit.
C'est une notion assez abstraite. Qui pourrait s'en étonner? Au
plan macroéconomique, l'objectif est de créer un développement
qui, en même temps, " réponde aux besoins du présent
sans compromettre la capacité des générations futures
à répondre aux leurs ".
-----Vous
voyez, c'est tout simple. Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt?
Le DÉVELOPPEMENT DURABLE est source d'obligations, de devoirs.
S'il convient de pourvoir à la satisfaction des besoins actuels,
en ne négligeant pas les indispensables évolutions, adaptations
et en recherchant l'efficacité économique créatrice
dé valeur solide et récurrente, il importe cependant de
ne pas hypothéquer l'avenir et, à cette fin, de ne pas perdre
de vue le respect de l'environnement tout en contribuant au progrès
social. D'une façon générale, chacun doit assumer
ses responsabilités vis-à-vis de la société.
Très délicate et subtile alchimie pour concilier des impératifs
souvent contradictoires.
-----La grande
idée c'est que nous devons veiller à préserver l'héritage
que nous allons transmettre à nos enfants. Cet héritage,
ce n'est pas seulement quelques biens matériels. Il faut comprendre
le " monde " dans son étendue, sa diversité avec
ses mers, ses océans, ses fleuves, ses glaciers, ses forêts,
ses campagnes, etc. sans oublier l'atmosphère, la stratosphère.
-----En quelques
mots, voilà l'essentiel de ce que l'on peut dire du DÉVELOPPEMENT
DURABLE, une notion qui ne nous a jamais été vraiment étrangère.
Souvenez-vous. Quand, dans la MITIDJA et ailleurs, nos pères ont
asséché les marécages infestés de moustiques,
vecteurs du paludisme, et les ont remplacés par de magnifiques
orangeraies, des cultures vivrières, ils avaient pour but la transformation
d'une terre jusque-là hostile en un verdoyant jardin. Mais ils
ont également oeuvré au profit des générations
de toutes origines qui leur ont succédé. Celles-ci ont échappé
à la mortelle maladie. Alors, comme Monsieur JOURDAIN faisait de
la prose sans le savoir, nos pères pratiquaient-ils le DÉVELOPPEMENT
DURABLE avant que la chose soit inventée. De sacrés précurseurs.
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Intifada
-----22000
voitures incendiées en 2001. C'est le Ministère
de l'Intérieur qui l'a annoncé. 18000 dans les grandes agglomérations,
4000 dans les localités de campagne. 22000, c'est une voiture pour
moins de 3000 habitants, bébés et vieillards compris.
-----Bien
a l'abri dans son beau bureau, un Haut Responsable de la Direction Centrale
de la Sécurité Publique remarque " Aux
classiques fraudes à l'assurance se sont ajoutées, au fil
des années, des actions d'auteurs de plus en plus jeunes qui vivent
ces opérations de destruction comme un jeu ".
-----Voilà
qui est élégamment exprimé ! Politiquement correct
! Assez d'hypocrisie. L'âge n'est pas une excuse. Cessons de "
noyer le poisson ". Tous les jeunes ne sont pas des voyous. Heureusement.
Mais les jeunes qui se livrent à de tels jeux sont des voyous.
Alors pour désigner ces excités, ne parlons plus de "
sauvageons ", ni même de " merdeux " comme Michel
CHARASSE. Ne recherchons pas un quelconque euphémisme. Il faut
appeler un chat un chat, un fripon un fripon, un vaurien un vaurien, etc.
-----Sur le
terrain, plus réaliste, un commissaire précise " L'augmentation
de ces actes atteste aussi que la notion de représailles a pris
des proportions inquiétantes dans certains quartiers. On brûle
la voiture du voisin pour une réflexion, celle du professeur pour
une mauvaise note. Et je ne parle pas des voitures incendiées devant
les Palais de Justice quand les magistrats appliquent simplement la loi
".
-----Sans
négliger les tags, les banquettes de métro lacérées,
etc., il y a les voitures incendiées et encore beaucoup d'autres
marques d'hostilité. Non, Monsieur le Haut Fonctionnaire, user
de la provocation, mettre le feu aux poubelles pour attirer les pompiers
et ensuite les accueillir avec des jets de projectiles de toutes sortes,
ce n'est pas un jeu. Quand les policiers, les gardiens d'HLM, tous ceux
qui portent un uniforme ou représentent un semblant d'autorité
sont insultés, attaqués, quand on procède au caillassages
des trains, des bus, quand on agresse les chauffeurs de ces derniers,
on ne joue pas, on se conduit en délinquants.
Sans éclats de voix, c'est le commissaire qui, l'ayant compris,
explicite vraiment la situation. Bien trop souvent, c'est une soif de
vengeance qui anime les fauteurs de troubles. " Dérangé
" en plein cambriolage, l'un de leurs camarades, pour tenter d'échapper
à la police, plonge dans un canal et se noie. Un autre, ne maîtrisant
pas la moto qu'il vient de dérober, dérape en s'enfuyant.
Un dealer, pris en flagrant délit, est appréhendé.
Quelques cas ayant donné lieu à vengeance. Chaque fois,
on n'a pas hésité. On s'est empressé d'incendier
les voitures des voisins. Ce sont de braves pères de famille qui,
souvent, les avaient achetées d'occasion. Ce n'est pas de nature
à arrêter les voyous.
-----Ces énergumènes
ont la haine. De quoi? Inutile de poser la question. Les avez-vous entendus
répondre à des journalistes les interviewant pour la télévision?
Avez-vous remarqué avec quelle hargne ils clament " J'AI LA
HAINE ". Ce n'est pas la peine d'essayer d'obtenir une explication.
-----Tous
ces actes délictueux, répréhensibles et qui demeurent
généralement impunis, ne vous font penser à rien?
Adoptant la technique du harcèlement, lequel est de plus en plus
agressif, ils ont importé en France l'intifada. Ceux dont la mission
est de les neutraliser ont-ils pris l'exacte mesure de son caractère
de gravité?
-----Le comble
c'est quand, dans un lycée français, le proviseur est agressé
par une meute déchaînée de jeunes excités qui
exigent qu'une minute de silence soit observée par l'ensemble de
l'Etablissement pour saluer la mémoire d'un de leurs camarades
qui, malheureusement, a trouvé la mort en essayant de se soustraire
à la justice au moment où il allait être arrêté
porteur du produit de son dernier vol. Non, vraiment, les incivilités
sont depuis longtemps dépassées.
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