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Que vient faire l'AlGÉRIE EN FRANCE ?
-----Hervé BOURGES. L'ancien conseiller
de BEN BELLA. Vous allez me dire que vous ne vous comptez pas au nombre
de ses intimes. Moi, non plus. Cependant, comme tous ceux qui conservent
leur regard tourné vers l'autre rive de la Méditerranée,
vous n'ignorez rien du passé, des engagements de ce personnage.
Vous avez été surpris en apprenant que c'est à lui
qu'a été dévolu le privilège de présider
le Comité d'organisation des manifestations appelées à
marquer 2003, " L'ANNÉE DE L'ALGÉRIE EN FRANCE ".
Pourquoi? Aujourd'hui, il ne faut s'étonner de rien.
-----L'ALGÉRIE EN FRANCE ! On cultive
l'ambiguïté. Que faut-il comprendre? Certains - on les qualifiera
de mauvais esprits - envisagent une nouvelle colonisation... partie du
sud tandis que d'autres, considérant la situation dans de nombreuses
banlieues, rétorquent que c'est déjà bien avancé.
-----Pour évoquer l'un des aspects
du problème qui se pose maintenant, je préfère laisser
la parole à Olivier PICHON, Professeur agrégé, Président
du Mouvement pour une Éducation Nationale. Dans le n° 51 (janvier
2003) de la VOIX DES FRANÇAIS, Olivier PICHON, qui connaît
bien son sujet révèle: " En
janvier 2001, les directeurs d'écoles ont reçu, de leur
Inspection académique, une circulaire dont l'objet est " Enseignements
des langues et des cultures d'origine " (ELCO). On y lit " Il
serait bon d'envisager la création de cours de marocain, tunisien
et/ou algérien suivant les besoins ressentis par les familles ".
Une lettre écrite en arabe algérien, arabe tunisien et arabe
marocain est jointe pour que les maîtres la distribuent aux enfants.
La traduction de cette lettre fait apparaître les propos suivants
" Votre enfant peut recevoir à l'école un ennseignennennt
fondé sur l'étude de sa langue natale [... ] Ces cours seront
assurés par des enseignants algériens qualifiés ".
Et la lettre de poursuivre: " Ces enseignements devront permettre
à votre enfant de mieux connaître la langue et la culture
de son pays ".
-----Non, vous ne rêvez pas. Quand
les uns prônent l'intégration, les Services du Ministère
de l'Education, dite Nationale, se permettent d'instituer un enseignement
spécifique à l'intention de jeunes enfants nés pour
la plupart en France et ayant vocation, de par la " loi du sol ",
à devenir, un jour, des citoyens français à part
entière - comme on disait jadis. Se référant à
une " langue étrangère ", ils n'hésitent
pas à employer l'expression " langue nationale " ce qui
est aussi aberrant que d'insister sur la " langue et la culture de
son pays ". Pour ces gens-là " son pays, ce n'est donc
pas la France " !
-----Au siècle dernier, des générations
d'enfants, issus eux aussi de l'immigration, ont appris, dans les écoles
de la République: " Autrefois, notre
pays s'appelait la Gaule... " sans que leur soient dispensés
des cours d'italien, d'espagnol, de portugais, de polonais. Ils sont devenus
" d'excellents Français " comme le chantait Maurice CHEVALIER.
-----Revenons à Hervé BOURGES.
Il a mis à profit une tribune libre du Figaro pour faire la "
promo " de son ALGÉRIE EN FRANCE. Deux extraits de ce long
texte vous permettront d'apprécier son argumentation.
-----Première citation. "...
Gérard DEPARDIEU vient de faire résonner
les textes puissants et humains de Saint Augustin sous les voûtes
de Notre Dame de Paris, redécouvrant pour l'occasion qu'Augustin
d'Hippone, racine fondamentale de l'Église chrétienne, est
d'abord un Algérien de l'Antiquité tardive ".
-----Un lecteur, à qui on ne la fait
pas, n'a pas perdu de temps pour rétorquer!? Egaré par sa
violente amitié pour les Algériens, Hervé BOURGES
pousse le bouchon un peu loin lorsqu'il fait de Saint Augustin un Algérien
avant la lettre. Pourquoi pas le père spirituel du F.L.N? "
-----Nous attendons de Monsieur Hervé
BOURGES qu'il nous dise, sans rire, ce qu'il a trouvé de commun
entre l'évêque d'Hippone, Saint Augustin, le Bônois
et les descendants des envahisseurs venus de l'Est, les égorgeurs
de la Guerre d'ALGÉRIE?
-----Bienheureux Saint Augustin qui n'a pas
connu le 20è siècle. Hervé BOURGES peut-il jurer
qu'il n'aurait pas été assassiné comme Mgr CLAVERIE,
évêque, lui aussi, d'ORAN? Qu'il n'aurait pas subi le sort
tragique des 7 moines trappistes de TIBHIRINE, enlevés, massacrés
au mois de mars 1996 et dont seules les 7 têtes ont été
retrouvées, le 21 mai, emballées dans des sacs en plastique
accrochés à un arbre, à l'entrée de MÉDÉA
?
-----Le même Hervé BOURGES ne
craint pas d'affirmer: " Le premier objectif
de la France coloniale n'était pas d'exalter, ni d'encourager les
expressions culturelles qu'elle rencontrait ". Pour lui
répondre, donnons la parole au Cercle Algérianiste qui s'indigne:
" C'est oublier que, dans les années
30, un mouvement culturel créé par Jean POMMIER en ALGÉRIE
avait pour devise cette citation latine fort explicite " NIHIL ALGERIANI
A ME ALIENUM ", ce qui se traduit par
RIEN DE CE QUI EST ALGÉRIEN NE M'EST ÉTRANGER ".
-----Le Cercle Algérianiste, qui perpétue
ce mouvement, n'a évidemment pas été invité
à participer à l'année de l'ALGÉRIE. En ont
également été exclus tous ceux qui ont bien connu
l'ALGÉRIE, province française pendant plus de 130 années.
Comment s'étonner que nous ayons été si nombreux
à envisager l'événement avec circonspection?
Une famille moderne
-----C'était à l'occasion du
dernier voyage de Jacques CHIRAC en ALGÉRIE (2 au 4 mars). Répondant
à l'envoyé spécial d'une chaîne de télévision,
une Algérienne s'exclamait: " La
France et l'Algérie, c'est comme une famille. On s'aime. Des fois,
on se fâche. Après, on se raccommode. Et puis çà
continue ".
Une famille! Peut-être? Mais alors une famille moderne. De celles
qui placent leurs vieux parents dans une maison de retraite et se répartissent
l'héritage pendant que les petits-enfants réclament leurs
cadeaux pour Noël, les anniversaires.
-----Souvenez-vous. Un beau jour (si on peut
dire), la fille Algérie a bouté France, sa vieille mère,
hors du pays, oubliant que 132 années d'amour, de soins avaient
transformé la gosse chétive, rachitique adoptée en
1830 en une belle femme que le monde entier regardait avec envie.
-----Aujourd'hui, ce sont ses propres enfants,
à la recherche d'une assiette de couscous, de chorba, qui réclament
des visas, toujours plus de visas, persuadés que Grand-maman ne
les laissera pas tomber, ne les abandonnera pas. Ont-ils raison? Ont-ils
tort?
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-Bains
de foule. Mains de sang
-----Un soleil éclatant. Le ciel,
la mer qui se livrent une lutte pacifique pour savoir qui présente
le bleu le plus lumineux.
-----Des drapeaux tricolores par milliers.
Accrochés aux balcons. Barrant les rues, les avenues. Descendant
en larges guirlandes le long des bâtiments publics.
-----Une foule en liesse, en délire.
Une foule qui applaudit. Une foule qui clame sa joie. Une foule qui, en
brandissant autant de drapeaux bleu, blanc, rouge, crie: " CHIRAC,
CHIRAC ". Et les femmes qui poussent des youyous stridents.
-----Au milieu de cette foule, un gamin -
8 ans environ. Lui aussi agite frénétiquement son petit
drapeau aux couleurs de la France en s'égosillant: " VIVE
L'ALGÉRIE. VIVE LA FRANCE. VIVE L'ALGÉRIE FRANÇAISE
".
-----Non, ce n'est pas le 13 mai 58. A l'époque,
le lieutenant CHIRAC n'était qu'un jeune officier de réserve,
à la frontière marocaine, inconnu du monde politique.
-----Non, cela n'est pas arrivé à
ALGER. C'était à ORAN, le 4 mars 2003. Le Président
CHIRAC est en visite d'Etat dans ce qui fut notre province natale.
-----Sous les applaudissements, les cris
de la foule, CHIRAC traverse ORAN en fête. ORAN qui a, depuis longtemps,
oublié la tragédie du 5 juillet 1962. -----Les
malheureuses victimes du massacre doivent se retourner dans leurs tombes
tandis qu'une femme tend son bébé à CHIRAC. Il le
prend. Il l'embrasse. Il le présente à son voisin. Peu habitué
aux bains de foule, à une telle exaltation de son peuple, Abdelaziz
BOUTEFLIKA PARAÎT PLUTÔT EMBARRASSÉ avec ce bambin
dans les bras. Très vite, il retrouve ceux de sa mère.
-----CHIRAC, lui, continue à saluer
la foule. Debout dans la Mercédés noire officielle, il lève
bien haut les deux bras. Deux bras au bout desquels je vois deux mains.
Oui, deux mains qui, la veille, ont serré celles de Yacef SAADI,
l'ancien chef des poseurs de bombes de la Bataille d'Alger, et de sa complice
Zohra DRIF. Oui, il a accepté de serrer ces mains qui resteront
à jamais marquées du sang de leurs innocentes victimes.
-----Le lieutenant de réserve Jacques
CHIRAC, ancien combattant de la guerre d'Algérie, a eu de l'avancement
depuis. A-t-il oublié les crimes qui furent commis à cette
époque? Alors, je vais me permettre de lui rappeler ce qu'a écrit
Jean BRUNE, le grand écrivain pied-noir mort en exil: "
LA SEULE DÉFAITE IRRÉPARABLE C'EST L'OUBLI ".
Le sceau du dey
-----Avant de partir pour ALGER, Jacques
CHIRAC a fait procéder à l'achat du sceau de l'ancien dey.
-----Dans le cadre des petits cadeaux échangés
entre Chefs d'Etat, il en a fait don à son homologue algérien
Abelaziz BOUTEFLIKA. Il s'agissait bien d'en faire don et non de le rendre
comme l'ont écrit, à tort, la plupart des journalistes.
Le Président algérien ne l'ayant jamais possédé
auparavant, il ne pouvait être question d'une restitution. Mais
était-ce une attention vraiment délicate que rappeler la
victoire du maréchal de BOURMONT qui vint le déposer aux
pieds du roi LOUIS-PHILIPPE encore rouge du sang que n'avaient pas versé
les farouches guerriers qui veillaient sur le dey.
-----Et maintenant que fera BOUTEFLIKA de
ce sceau? L'utilisera-t-il pour sceller le décret, la loi que tout
le monde attend et qui donnera aux Harkis le droit de rendre visite à
leurs familles demeurées en ALGERIE?
Télévision - Carton rouge
-----Pour célébrer l'année
de l'Algérie en France, les chaînes de télévision
vont se " déchaîner".
-----Documentaires, fictions mettant en scène
des événements vécus ou nés de l'imagination
de leurs auteurs vont se succéder sur nos petits écrans.
Je renonce à les visionner tous. Je me contenterai de parler rapidement
d'une seule de ces superproductions. ARTE lui a consacré deux soirées
les 12 et 19 février.
-----Il s'agit, paraît-il, d'un témoignage.
Ce ne peut être qu'un chef d'uvre. Pensez celui qui témoigne
" ne prend pas de gants pour raconter les
exactions commises au nom de la France ", relève
un critique. Il devait certainement être présent. Il a dû
essuyer le sang des malheureux terroristes.
-----Mais, au fait, qui est-il ? On nous
apprend qu'il a été incorporé comme infirmier. Mais
très vite il a choisi de déserter. Il gagne la Suisse, choix
judicieux puisque la Suisse est, par tradition, neutre. Plus tard, il
deviendra grand reporter à la Télévision Suisse Romande.
-----Passons sur l'honneur fait à
un déserteur invité à vomir sa haine sur une chaîne
de Télévision publique. -----Du
haut des montagnes suisses il a eu une vue magnifique, imprenable sur
ce qui se passait en ALGÉRIE.
-----Laissons donc le mot de la fin à
BEN BELLA, invité, qui conclut: " Cette
guerre a duré 6 ans pour rien ". Les Algériens,
à la recherche de visas, apprécieront.
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