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lettre ouverte aux médias
------Dans ce fatras informe que constitue
à présent l'information dans notre pays, les couvertures
se succèdent concernant le sujet lucratif de la guerre d'Algérie.
Il ne se passe pas un jour ou un livre atteste la systématisation
de l'emploi de la torture dans l'armée française. Les périodiques
rivalisent de zèle pour montrer au lecteur sous couvert d'une réalité
historique, l'angélisme de la révolution algérienne,
l'indignité de l'armée française, et les méfaits
de la colonisation.
------Ce ne sont pas les articles courageux
du "point ", et de " Paris Match ", arbre malingres
et frêles qui cachent la foret, qui pourront à eux seuls
rétablir une vérité tronquée. Il est temps
à présent que nos brillants éditorialistes et journalistes
de tout bord cessent leur entreprise de démolition, et laissent
de coté une idéologie perverse qui ne fait qu'accabler à
sens unique en occultant sciemment ou par paresse intellectuelle une part
de réalité commercialement peu rentable. Ceux qui participent
à ce processus ignoble se reconnaîtront. L'immense majorité
des chroniqueurs et groupes de presse sont assis sur le même plateau
de la balance. On peut lire ça et là des propos incendiaires
à l'encontre d'un bord coupable de toutes les injustices, comme
ci l'authenticité de faits ignobles était monolithique,
accrochée désespérément au manichéisme
ambiant. Il n'est pas question pour moi dans ces quelques lignes, de refaire
la guerre d'Algérie, de remettre en cause la réalité
ou de discuter sur le bien fondé de l'indépendance. On ne
refait pas l'histoire. "Les choses étant ce quelles sont",
et puisque c'est d'histoire qu'il s'agit, il est souhaitable d'en aborder
tous les aspects. C'est à mon avis, mais peut être suis-je
dans l'erreur puisque n'étant pas un professionnel de l'information
dirigée, une règle qui ne doit jamais être transgressée.
Le traitement que vous faites de ces 132 années de l'histoire de
la France est le plus souvent indigne, incomplet et réducteur.
------J'ai lu que Napoléon III, peut
être le plus critiqué de nos souverains, dont les qualificatifs
manquaient, récemment, pour décrire l'étendue de
son manque de bon sens, avait découvert avant tout le monde une
"nation algérienne" au mépris d'une réalité
historique évidente. Même un fervent révolté
de la première heure avoua, après avoir visité les
cimetières et interrogé les vivants et les morts ne pas
l'avoir trouvé.
Napoléon le petit comme l'appelait Victor Hugo, avait sans doute
omis que le vocable "Algérie" fut une invention française.
------Victor Hugo aussi y va de sa complainte.
On ouvre ses écrits car il est à la mode. L'incommensurable
écrivain décrit "les paysans algériens vivant
pieds nus dans leur maison en terre battue et mangeant à même
le sol." Il oubliait lui-même, que dans ses ouvrages, il racontait
les misères des paysans français, qui mangeaient des racines
et que, dans le même temps, son contemporain Zola défendait
les victimes affamées de l'esclavage industriel. Alphonse Daudet
pouvait aussi être cité pour la description qu'il fit de
la vie "idyllique" des premiers "colons" mais sa vision
ne correspond pas aux constations du Maître il sera donc écarté.
Il faut veiller à rester "littérairement correct. "
------Un autre grand humaniste toujours à
l'écoute du peuple, l'écrivain, François Mauriac
en personne, a stigmatisé l'extrême dénuement des
paysans musulmans en Algérie et passait sans honte sur ses terres
sans même un regard pour "ses" gens en guenilles.
------Il est vrai qu'en France, en 2002 trois
ou quatre millions de chômeurs (officieux) et une multitude de personnes
vivant sous le seuil de pauvreté c'est une référence
incontestable d'égalité, de fraternité et de justice.
------Il y eut en Algérie des spoliations
et des terres furent réquisitionnées et c'est une injustice.
Mais il y eut aussi des terrains incultes achetés et des pionniers
courageux qui vinrent expirer dans les marais fétides pour transformer
les cloaques puants en terres fertiles. Des dizaines de villages furent
créés et le pays conquis, sortit du moyen âge. Les
installations et infrastructures modernes ont accompagné le développement
de métropoles somptueuses. Il y avait également de gros
propriétaires musulmans. Peut-on le préciser ?
------On a coutume de croire que les "français"
s'étaient installés dans une terre de cocagne, et n'avaient
eu qu'a adopter la technique du "pousse-toi de là que je m'y
mette." La réputation du "grenier à blé
de Rome" était bien justifiée, mais jusqu'à
l'arrivée des Vandales.
On apprend qu'il y avait en Algérie d'une part dix millions d'hommes
soumis et exploités par neuf cent mille conquérants qui
avaient le pouvoir. Si mon père était encore de ce monde,
je lui aurai posé la question concernant sa puissance. Il m'aurait
rit au nez et m'aurait indiqué qu'il avait le pouvoir de travailler
dix heures par jour, six jours sur sept et parfois sept jours sur sept
pour un salaire de misère sans se plaindre et sans maudire. Il
me revient en mémoire, l'histoire d'un fils d'immigré espagnol,
aux environ des années vingt qui travaillait aux champs dans la
région d'Oran dés l'âge de sept ans. Sa taille d'enfant
ne lui permettait pas de monter sur un âne sans l'aide d'un adulte.
Plus tard, il eut la chance de "posséder" sur un terrain
communal, un cabanon au bord de la mer pour que ses enfants puissent profiter
de la plage. Il eut le pouvoir de bâtir de ses mains et tout seul,
un abri avec des blocs de pierre arrachés aux flots joyeux. Chaque
jour il coltinait a dos d'homme à travers les dunes et les chemins
pierreux, la ration d'eau douce de toute sa famille. Cet homme parmi tant
d'autres, fut aussi traité lors de son arrivée, d'ignoble
profiteur, de privilégié, de "sueur de burnous."
------On cite les Borgeaud, les Blachette
et Schiaffino comme s'il n'y avait pas ici, des Pinault, des Séllière
et Lagardère. On décrit les grandes exploitations en sachant
bien qu'il n'y avait en France que "des pauvres paysans. "
------On occulte le petit peuple de laborieux
qui vivait avec un revenu de 2o% inférieur à celui de la
métropole. Cette modeste "société de boulomanes"
adeptes de plaisir simples et peu coûteux dont les Camus et Robles
sont la parfaite illustration.
------Pas d'interpénétration
entre les communautés peut-on lire encore. Cela aussi est faux.
Les Européens d'origines diverses mélangeaient leurs différences.
Ce qui n'était déjà pas une mince affaire quand on
connaît les dissemblances entre un Napolitain et un Alsacien ou
un Valencien et un Breton. Les mariages juifs et chrétiens devenaient
de plus en plus nombreux. Les hommes musulmans pouvaient se marier avec
une chrétienne ou une juive parce qu'ils étaient en mesure
de faire adopter l'Islam à leurs compagnes. Par contre il était
défendu d'apercevoir seulement le visage des femmes de leur clan,
qui étaient de toutes façons promises très tôt
en mariage. Il y a sans doute aussi, sur ce sujet, matière à
réflexion. De même les écoles coraniques étaient
les seules valables pour un croyant, parce qu'elles enseignaient la sacro
sainte loi du prophète. On peut le vérifier constamment
dans l'Algérie nouvelle ou des étudiants sont exécutés
sur le seuil de l'école "laïque" car leur faute
est impardonnable, ils ont soif de savoir.
------Vous parlez d'antériorité.
Les Arabes musulmans sont prioritaires en Algérie, puisque établis
avant les Français. Personne ne signale que leur implantation fut
une invasion stérile, une colonisation brutale qui chassa ou mit
sous tutelle les peuples autochtones. A partir de combien de siècles
une invasion peut être considérée comme admissible
ou naturelle ?
------Vous tendez à faire croire que
la colonisation française avait instauré un apartheid semblable
à celui de l'Afrique du Sud ou des Etats Unis. Sept millions d'amérindiens
à l'arrivée des européens, environ quatre cent mille
de nos jours.
------Un million d'autochtone en Algérie
à l'arrivée des français, dix millions à leur
départ. Où est la finesse de la comparaison ? Pas d'endroits
réservés ou interdits et même des élus musulmans.
Et si l'organisation d'un premier et second collège était
une inégalité a réformer en priorité, les
représentants musulmans légalement élus, furent une
cible privilégiée pour le FLN. Preuve que la "rébellion"
ne désirait pas l'égalité, mais simplement un pouvoir
sans partage.
------On cite l'esclavage on fait des réunions
et des informations. Pas une fois seulement on n'évoque le repère
de pirates officiel qui régnait depuis des siècles en Afrique
du Nord et en Algérie notamment. Abd el Kader lui-même possédait
plus de mille cinq cents captifs. Les chrétiens alors remplissaient
les bagnes barbaresques, on peut même dire qu'ils y étaient
à ce moment là fort prisés.
------On occulte également l'esclavage
africain de l'Afrique de l'est ou les esclavagistes noirs cette fois pourvoyaient
en chair blanche et fraîche les harems des sultans et les géhennes
des royaumes de l'Orient. Et après mars1962 en Algérie ?
de tout cela silence ! !
L'esclavage n'est atroce que si les blancs, européens ou occidentaux
le pratiquent.
------Vous avez mis quarante ans, quarante
longues années, pour reconnaître du bout des lèvres
ce que tout le monde savait, le massacre des harkis et leur abandon sans
pitié aux mains des égorgeurs. Tout n'est donc pas perdu.
Mais pas un d'entre vous ne fut scandalisé par l'affront qui leur
fut fait par un chef d'état étranger, ancien terroriste,
venu nous donner des leçons de bonne conduite. Certains enfoncent
même le clou en affublant avec lui, du terme de "collabos "
les ralliés à notre drapeau. Comme quoi, il est plus respectable,
de siffler notre hymne national, de bombarder nos ministres de projectiles
divers, de cracher sur notre Président de la république,
et d'insulter la France, que de la choisir et de l'aimer jusqu'à
mourir pour elle. Le précédent honteux du "Glaoui"
contraint de baiser la babouche du Roi du Maroc, après avoir eu
l'idée folle que la France, qui l'avait impliqué, pouvait
aller jusqu'au bout de ses promesses, se reproduisit en donnant lieu à
l'expression de l'horreur et de la lâcheté ignominieuse.
------L'exemple nous est présenté
par les héroïques "porteurs de valises " qui sont
considérés comme ayant défendu l'honneur de la pensée
humaniste en transportant de l'argent et des armes et qui amorcèrent
des bombes qui oeuvrèrent au massacre des innocents. Préparez
les médailles et complétez la liste des récipiendaires
non encore enrubannés. A l'ordre des "tireurs dans le dos"
c'est la croix avec palmes.
------On entend dire que la première
bombe d'Alger, rue de Thèbes, qui fut européenne "obligea"
en quelque sorte, le FLN a agir de même. Le peuple d'Alger n'eut
que ce qu'il méritait puisque les "activistes ", qui
le représentait ont justifié l'usage d'un moyen identique.
Mais les bombes FLN étaient déjà prêtes et
l'on oublie un peu vite, les grenades dans les bus, les mitraillages des
terrains de boules, les fermes incendiées, les familles exécutées,
les femmes violées, les enfants tronçonnés.
------Et puis il y a l'OAS. Tiens parlons
en un peu. Tout ce qui est arrivé est survenu par sa faute. La
fusillade de la rue d'Isly c'est lui, la non-application des accords d'Evian
c'est encore lui, le 5 juillet à Oran c'est toujours lui. Les "ultra"
ont donc provoqué la radicalisation des tueurs musulmans, et ont
crée le fossé entre les communautés. Les soixante
dix sept mois de terrorisme aveugle du FLN avant son apparition, ne représentent
plus rien. Le soulèvement spontané des "masses musulmanes
opprimées" fit dix fois plus de victimes musulmanes égorgées
par leurs coreligionnaires idéalistes que d'Européens.
------Vous avez mis en première page,
souvent, la photo de la malheureuse petite Delphine Renard, défigurée
par un attentat OAS. Parfois encore son visage ensanglanté réapparaît
dans vos publications. Pourtant, pas une fois vous n'avez eu le courage
de montrer nos dizaines d'enfants amputés et meurtris.
------Si on peut avoir une aversion pour
les tueurs de femmes de ménage, il n'est pas nécessaire
non plus d'avoir de la sympathie pour les égorgeurs de gardes champêtres,
ou d'anciens combattants à la retraite. Les "éléments
incontrôlés" ne figurent que d'un coté pour dédouaner
l'horreur du camp qui vous agrée. Il y eut des "ratonnades"
mais on a passé sous silence les "chasses aux Européens"
qui avait une autre appellation puisque c'était la "chasse
aux chiens et aux fils de chiens."
------Les troubles anti juifs du début
du siècle, quand "la colonie" singeait jusqu'à
l'outrance la mère patrie, sont montrés du doigt pour bien
faire comprendre à l'opinion publique assoupie, que l'avènement
de L'OAS n'était qu'une suite logique et monstrueuse qui émanait
de ce peuple raciste et fascisant. Mais lorsque les hordes musulmanes
se déversaient dans les quartiers juifs pour massacrer les quidams
esseulés, il n'était pas question d'antisémitisme
mais de lutte pour la libération. Il est des nuances et des astuces
de raisonnement qui défient l'imagination.
------Il y avait des commandos Juifs et musulmans
dans l'OAS. Que ne le dites-vous ?
------Avant les accords d'Evian déjà,
les tueurs du FLN redoublaient d'audace. Ils n'étaient plus l'objet
d'une grande attention des gendarmes mobiles ou de l'armée dont
la mission était peu à peu d'organiser la grande braderie.
Il aurait donc fallu rester "comme des brebis au milieu des loups.
" Ils ne l'ont pas voulu donc ils ont eu tort. Les officiers qui
dirigeaient l'OAS étaient pour la plupart, républicains.
Ils s'étaient illustrés en contribuant à repousser
l'ennemi Allemand bien au-delà des rives du Rhin pour ainsi libérer
la patrie du régime nazi. Certains étaient de grands résistants
et déportés. Une pluie d'étoiles viendra les récompenser,
on utilisera leur prestige encore un peu, puis ils seront condamnés
pour avoir participé à des actions "dont les mobiles
n'étaient pas tous de bas étage ".
------On dit sans préambule que l'OAS
tuait les soldats du contingent et la encore on occulte le fait de l'extrême
perversité des gardes mobiles qui, s'étant aperçu
que justement les attaques contre les appelés étaient inexistantes,
mirent systématiquement dans leurs patrouilles ou dans leurs Half
track un ou plusieurs soldats métropolitains. Il faut également
rappeler que les gendarmes mobiles tiraient sans distinction sur tout
ce qui bougeait et à cette époque faisaient des "cartons"
uniquement sur les européens mitraillant les façades les
terrasses et les rues.
------Souvent les perquisitions tournaient
au vandalisme, ils défonçaient les portes à coups
de pieds, n'étaient pas avares de coups de crosses, déchiraient
les papiers et souvenirs divers, piétinaient même le lait
des enfants. Il eut aussi des viols mais silence encore, car ici ce n'est
qu'un avatar d'une période troublée.
------Quant au mitraillage des quartiers
européens, par l'aviation française, là encore, silence
radio.
------On parle des tortures et on est assourdi
par les cris provenant de "la villa Susini", alors qu'on étouffe
ceux des villas d'el Biar ou de la caserne des Tagarins pratiqué
avec un raffinement peu commun par des repris de justice alliés
à des fonctionnaires zélés qui travaillaient en étroite
collaboration avec les justiciers de l'ALN. Mais il est vrai que "les
polices parallèles n'ont jamais existé. "
------On trouve de plus en plus des tortionnaires
français qui se "mettent à table", pour décrire
ce qu'ils ont vu, ou ce qu'ils ont pratiqué. Pas un, pas un seul
de ceux qui s'expriment aujourd'hui, ne s'est révolté, ne
s'est interposé, n'a dénoncé, n'a écrit, ne
s'est plaint à ses supérieurs.
Quant au camp d'en face pas un seul chevillard ne s'exprime. On peut donc
en conclure que les bourreaux étaient d'un seul coté. Pourtant
les photos de la barbarie des fellaghas existent, vous ne les montrez
jamais. Elles ne sont sans doute "décemment pas publiables.
"
------Madame HALIMI proclame la légitimité
à la révolte et est une adepte de la fin qui justifie les
moyens. Avec conviction et la main sur le cur elle proclame que
jamais, jamais, jamais, la torture ne doit être employée.
C'est la négation même de l'humanité. Mais elle reste
muette sur celle pratiquée par ses comparses. Elle estime cependant
que les attentats "aveugles" qui déchiquettent des hommes
des femmes et des enfants peuvent être justifiables lorsqu'il n'y
a pas "d'autre moyen". Comme s'il était humain de sacrifier
des gens pour que triomphe une cause. Il y a les bons motifs, ceux auxquels
on souscrit. Les autres ne sont que des prétextes fascistes et
n'ont par leur nature, pas le droit d'exister. Logique implacable des
avocats marrons qui vont jusqu'en enfer pour sauver des démons.
------Des "gaullistes de gauche"
historiens de surcroît, viennent nous expliquer que toutes les dispositions
avaient été prises pour le sauvetage des harkis. Avec une
assurance dont la fausseté des propos voisine avec celle de leur
maître à penser, alors que des documents officiels des principaux
ministres de l'époque attestent de "l'extrême réserve
conseillée" des interdictions et des menaces à peine
voilées pour les initiative favorables au sauvetage des supplétifs.
Aucun mot sur leur désarmement et leur ré- embarquement
forcé. Ces mêmes tristes sires nous signalent après
les avoir vantés, que les accords d'Evian n'avaient pu être
appliqués parce que la révolution lors de l'indépendance,
n'avait pas de représentants suffisamment représentatifs.
Avec qui avait-on traité pour signer ces accords ? Dans ce cas,
les autorités Françaises étaient conscientes de la
fragilité des dispositions qu'elle avait signées. Il leur
revenait d'assurer l'intérim jusqu'à ce que la stabilité
soit établie. Dés lors c'est un aveu de l'empressement criminel
pour se débarrasser "du caillou dans la godasse", de
la " boite à chagrin ". Un alibi en or ces "accords
de paix. " La superbe dans les propos et l'assurance goguenarde du
professeur qui s'adresse à des élèves ignorants font
le reste.
------On s'abrite sous la statue indéboulonnable
du commandeur. On écrit des livres à sa gloire. On le dit
visionnaire. Ce qui ajoute encore à son hypocrisie et à
son machiavélisme. Celui qui savait et proclama le contraire est
plus qu'un demi-Dieu. Mais s'IL savait c'était un manipulateur
abject et criminel, et s'IL ne savait pas c'est encore bien pire. Prosternez-vous
devant le deux étoiles providentiel. Celui qui aurait pu terminer
"la sale guerre" au moins deux ans plus tôt et ainsi éviter
des milliers de sacrifiés sur l'autel de l'orgueil. Le temps écornera
l'icône. Il viendra tôt ou tard des marques d'infamie seront
gravées sur son front par le " grand vent de l"histoire.
------On demande aux Pieds-Noirs "de
voir enfin la vérité en face. " On leur reproche d'avoir
eu trop de sympathie pour l'OAS, d'avoir contribué à l'asservissement
des masses musulmanes ; de s'être opposé à l'indépendance,
d'avoir refusé la réconciliation avec les Algériens.
De ne pas avoir eu le courage des Israéliens. On leur reproche
tout et n'importe quoi.
------On se moque de leur naïveté,
de leur manque d'unité. On passe sous silence, leurs meurtrissures
et leur désir d'oublier en s'étant intégré
trop vite. Tous ces griefs parfois, sont justifiés mais on ne laisse
aucune place à leur refus de croire à leur départ
forcé et à leur amour pour leur terre natale. Ils étaient
cramponnés à la France de toute leur âme. Essayons
d'imaginer que des Français d'origine Italienne, Polonaise, Espagnole
ou Maghrébine, puissent concevoir un seul instant, un jour, sous
prétexte de leur importation récente sur les terres de l'hexagone,
d'être renvoyés sans ménagement, sans même une
prise en compte de leurs arguments. Il est fort probable qu'ils résisteraient
par tous les moyens, trouvant cela inconcevable, injuste et contraire
aux lois internationales.
------Il y a fort a parier que l'intelligentsia
brillante, que le monde nous envie, s'opposerait corps et âme à
leur rapatriement. Le droit du sol est donc instauré et c'est une
bonne chose. Mais il n'est pas valable pour tout le monde. Les Pieds-Noirs
n'y ont pas droit, n'étant pas considérés comme "interlocuteurs
valables. " Ils furent empêchés de voter pour une décision
qui concernait leur avenir. Les démocrates qui demandent aujourd'hui
le vote des étrangers en France, furent étonnamment muets
sur le droit électoral bafoué alors. La constitution française
que les "rapatriés" avaient contribué largement
à faire adopter, fut violée à plusieurs reprise et
à leur détriment sans qu'aucune bonne conscience habituellement
prompte a bondir pour dénoncer les dénis de justice, n'esquisse
le moindre geste, ni le moindre murmure.
------Ils ont habité les tours des
" Minguettes ", les HLM de la " Paillade " ou d'ailleurs
sans que cela ne fasse larmoyer personne.
------Ils furent accueillis comme des chiens
et victimes d'un amalgame éhonté qui perdure toujours. Ils
ne bénéficièrent pas non plus de la présomption
d'innocence. Quant au racisme subit, il fut considéré comme
normal et justifié. Aujourd'hui encore, les débats ne font
que rarement appel à eux. La parole leur est confisquée.
Sauf lorsqu'il s'agit de montrer des réussites, des fils de colons
fortunés, ou pour produire les souvenirs d'un folklore pittoresque.
Alors quelques journalistes ethnologues à leurs heures perdues,
comme ils le feraient avec une lointaine peuplade de Papouasie, les invite
sur un plateau et se délectent d'un accent que tous n'ont pas encore
perdu, de leur exubérance enfantine et de leur joie de vivre. Même
leurs disparus n'ont pas droit de cité. On se mobilise, et ce,
à juste titre, pour des journalistes enlevés par une junte
barbare ou pour un fumeur de haschich engeolé, mais leurs êtres
aimés n'ont aucune valeur. Ils pouvaient donc pourrir oubliés
dans des bordels immondes ou devenir pantins dans des camps de la mort,
qu'importe car ces gaillards n'ont que ce qu'ils méritent. Les
Pieds-Noirs ont déjà vu bien trop de choses en face, lorsque
vous-même alors, sommeilliez du sommeil du juste. Ils ont aussi
leurs " Louisette " et leurs " Mohammed Garne " et
qui donc s'en soucie? Ils boiront le calice jusqu'à la lie pour
un hallali programmée. Les rois du couscous merguez maintenant
en ont assez ! !
------Une question s'impose à moi.
Qui suis-je ? Ou plutôt que suis-je ? Espagnol "de souche"
mais sans la nationalité puisque mes aïeux l'abandonnèrent
pour changer de misère ou simplement d'espoir. Français
? Pas davantage puisque étant né sur une terre étrangère
qui ne fut que "virtuellement française" puisque seulement
quelques Français s'obstinèrent à croire quelle le
fut éternellement un jour. Algérien ? Impossible puisque
représentant cinq générations qui ont vu le jour
en Algérie je ne pourrai jamais l'être. Mes ancêtres
sont chrétiens. Ils sont donc indignes de voir leur descendance
vivre sur le sol sur lequel ils ont vu le jour puis s'y sont couchés
à jamais. La terre est confisquée pour raison religieuse.
Je pensais qu'elle devait appartenir à ceux qui l'adoraient sans
distinction de sexe, race ou religion. Une forme de racisme est donc instaurée
légalement. Mais ce ne peut être perçu ainsi car il
n'y a de racisme que celui qui est perpétré par des blonds
aux yeux bleus.
------Et si viscéralement vous ne
pouvez faire autrement que de décrire la colonisation en écrivant
ses défauts en lettres capitales et en caractères gras,
Si pour vous, la présence française ne causa que misères
et humiliations, faites donc seulement le bilan de la décolonisation.
Soulignez en rouge les souffrances actuelles du peuple opprimé
que naguère vous défendiez. Brandissez l'étendard
de la conscience universelle des droits de l'homme et portez les valises
des innocents aujourd'hui encore décimés.
------Les adeptes des sociétés
multiculturelles, les fanatiques du brassage des communautés sont
devenus bien tièdes. Il y avait jusqu'en 1962 en Algérie,
une société multiconfessionnelle où les communautés
se côtoyaient tant bien que mal. Qu'en est-il de nos jours ? Et
citez donc un pays musulman ou les autres religions quand elles ont pu
résister, ne sont pas considérées comme minorité
négligeable, soumises et humiliées.
------Un éminent historien "de
gauche ", avoue quarante ans après, qu'il était jusqu'à
présent, impossible de parler du massacres des harkis. Ses comparses
imposaient une loi du silence à ce sujet. Les méthodes Staliniennes
ne se limitaient donc pas à la banlieue de Moscou. Eux non plus
ne pouvaient pas dire : "nous ne savions pas. " Ils savaient,
ils ont trichés, et cependant ces menteurs sans vergogne font encore
autorité sur le sujet.
------Surtout ne touchez pas à leur
fond de commerce, car ce qui les fait vivre c'est ce qui nous a fait mourir.
On est en droit d'attendre, dans le pays des lumières, autre chose
que des prises de position partiales. Dans le monde occidental pourtant
riche en introspections culpabilisées, la France est la seule nation
ou l'auto flagellation, la mise à l'index unilatérale de
son histoire, et le dénigrement de ses qualités plafonne
à un niveau touchant l'exceptionnel. La crise identitaire "des
gosses de banlieue" résulte directement de celle de la France,
incapable d'offrir autre chose qu'un aspect négatif et perverti
d'elle-même. La déstructuration imposée de la société
française, pratique d'une stratégie d'auto destruction qui
à pour but a terme, la disparition totale de l'idée française.
------L'exception culturelle est prônée
par les mêmes individus qui contribuent par leurs actes ou propos
au démantèlement d'une nation millénaire.
------Certains pays l'ont compris, qui se
tournent à tort ou à raison vers un état religieux
ou ethnique pour cimenter et fortifier leur unité nationale.
------C'est la guerre qui détruit.
Il n'y a pas de "guerre propre. " Le mythe d'un conflit bien
propret aux "frappes chirurgicales" n'a pas duré longtemps.
On voudrait défendre des valeurs sans se salir les mains, sans
être éclaboussé par le sang, sans voir et en déléguant
ses lâchetés. On s'est vite aperçu qu'il était
illusoire d'épargner sa conscience en minimisant l'horreur des
résultats obtenus. Une bombe est une bombe. Elle hache et déchiquette
sans distinctions de nationalité ou de religion.
------" Derniers tabous ", "derniers
secrets " on écrit cela sans honte. Comme si on avait fait
le tour et qu'il ne restait plus que la bête immonde qui sommeille
dans le maudit français moyen aviné et vicelard, et le Pieds-Noirs
raciste, handicapé profond, sourd, muet et aveugle. Il y a des
oublis gros comme le nez au milieu de la figure. Des "angles"
de prise de vue qui lorgnent toujours le même axe. Des éclairages
qui mettent en valeur une vérité travestie comme une putain
triste, qui désespère des hommes et moque leur grandeur.
Messieurs les journalistes levez-vous un instant, la balance bascule.
------Recevez messieurs toutes mes sincères
félicitations pour votre constance dans la partialité, et
le mépris ciblé que vous entretenez comme une seconde nature.
Votre aptitude à appliquer et propager les doctrines suicidaires
et à décerveler les masses, pratique d'une idéologie
qui a fait ses preuves. Vous oeuvrez utilement, non pour la vérité,
qui n'est ici qu'un prétexte, mais pour une désagrégation
dont peut être vous n'avez pas entrevu l'extrême gravité.
Si par contre vous agissez avec toute votre lucidité sous couvert
d'arguments emprunts d'une humanité théâtrale exacerbée,
nous serions alors dans le cadre d'une manuvre stratégique
qui fera pourrir notre nation de l'intérieur. Les dogmes survivent
aux hommes et les feront périr.
A.MARTINEZ
Bibliographie sommaire conseillée.
La grande Honte. (R Rostagny)
L'agonie d'Oran (G De Ternant)
Ce que je n'ai pas dit (Général E Jouhaud)
Journal d'une mère de famille Pieds-noirs (F Dessaigne)
Mémoires (Général R Salan)
Histoire de la France en Algérie (P Laffont)
Algérie Française (P Héduy)
Derrière eux le soleil (M Routier)
Et qu'ils m'accueillent avec des cris de haine (H Martinez)
Le livre blanc de l'Algérie française
Archives inédites de la guerre d'Algérie 1958-1962 (M Faivre)
L'Algérie d'Evian (E Allais)
SAS (N D'Andoque)
Etc
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