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site le 1/03/2002
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| -------La
lecture du journal "Le Monde". monument de la presse intellectuelle
française, réserve parfois des surprises. -------Jean-Pierre Peroncel-Hugoz depuis de nombreuses années en est son spécialiste pour toutes les questions touchant au Moyen-Orient, au monde arabe et au Maghreb. -------Il est aussi le journaliste qui depuis les années soixante a progressivement, et le plus rapidement, pris conscience que le manichéisme entretenu à cette période entre les prétendus tenants du bien et ceux du mal pour justifier les indépendances hâtives et baclécs n'était plus de rigueur. -------Pourtant dans ces années soixante des déchirements multiples, Peroncel-Hugoz comme la quasi-totalité de l'intelligentsia française et internationale. n'avait qu'un seul discours concernant les territoires encore sous tutelle française : il fallait au plus vite "libérer" ces territoires de la puissance coloniale. redonner à leurs populations leur dignité et leur liberté prétendument perdue, accélérer au maximum les processus d'indépendance : il importait peu pour ces intellectuels que ces populations ne fussent point encore préparées à cela ni psychologiquement, ni matériellement. ni professionnellement. -------Peu importait aussi à ces intellectuels, en cette époque d'euphorie idéologique dominante et dans leur vision totalement idéalisée de ces indépendances envisagées, le maintien des nombreux progrès pourtant indéniables accomplis en tous domaines, la défense des minorités existantes sur ces sols et la survie d'une civilisation pluriculturelle, ouverte et riche qui s'était forgée sur ces territoires africains depuis des décennies par la rencontre de différentes communautés venues de divers horizons. -------Oui, . seul comptait pour cette intelligentsia l'avènement le plus rapide possible et par tous les moyens, . même les plus sanglants et les plus terribles, de cette indépendance conçue comme une notion mythique. parfaite, idéale, conçue quasiment par ces esprits qui faisaient l'opinion de l'époque comme le paradis sur terre. -------L'histoire s'est alors accélérée : les `gouvernements français se soumirent aux intellectuels, furent incapables de concevoir autre chose que des indépendances bâclées, sans aucune préparation, les minorités abandonnées et menacées prirent les chemins de l'exil. les nouveaux Etats livrés à eux-mêmes sombrèrent pour la plupart dans le totalitarisme politique, la régression économique, l'obscurantisme et l'enfermement culturel. -------C'est le mérite, même s'il est tardif, de Jean-Pierre Peroncel-Hugoz, intellectuel de la première heure, d'avoir su reconnaître, au fil de sa réflexion et de ses articles, les conséquences particulièrement néfastes de ces indépendances conçues par les gouvernants français d'alors davantage comme des moyens de se libérer de fardeaux encombrants que comme de véritables projets de société réfléchis et viables. |
-------Un récent
article de ce journaliste paru dans "Le Monde" sur "Jobert
l''Africain" confirme cette remise à l'heure des pendules
de l'histoire, et peut-être aussi du présent et de l'avenir,
qui se fait peu à peu dans les esprits les plus réfractaires. Pierre Cordoba |