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Monsieur le Président de la République,
-----Le soussigné a l'honneur d'accuser
réception de votre lettre du 17 octobre 1997, qui l'a honoré,
en réponse à la sienne du 15 septembre 1997.Il avait bien
pris connaissance de votre allocution lors de l'inauguration du monument
à la mémoire des victimes civiles et militaires tombées
en Afrique du Nord de 1952 à 1962 ainsi que des hommes et femmes
qui sont morts sur une terre française.Mais les 25 000 disparus
dont la mémoire était honorée étaient des
combattants.
-----Les disparus, objets de sa supplique
sont ceux dont nous sommes, toujours, sans aucune nouvelle après
leur enlèvement, dès le lendemain de la signature des accords
d'Evian, le 18 mars 1962. Estimé, au moment de l'indépendance
à 10 000, leur nombre n'a cessé d'augmenter et vient s'ajouter
à celui des 150 000 musulmans assassinés dès l'indépendance,
sans que le gou ci uement de la France ne réponde à leurs
appels au secours, abandonnant aux tortionnaires ses enfants qui se réclament
d'elle. ll nous appartient de dire la vérité historique
et de conserver leur mémoire en instituant le deuxième dimanche
d'octobre, de chaque année, la "Journée Nationale des
Disparus d'Algérie".
-----Certains des disparus ont été
déclarés morts sans en avoir eu la preuve, alors qu'ils
étaient en vie, d'autres sont ces 3 000 français en possibilité
de survie qui ont fait l'objet du livre écrit par le capitaine
Marc Louis Leclair à l'issue de ses recherches sur les lieux, avec
le général Colladon ancien directeur du Comité International
de la Croix Rouge, agence centrale des recherches et le général
Bouvet. Que sont devenus celles et ceux, de toutes origines et religions,
qui ont été enlevés, enfants et adolescents, filles
et garçons, femmes et hommes en pleine jeunesse, d'âge plus
mûr ou vieillards au terme de leur vie et, aussi militaires, appelés
et de carrière, Harkis et supplétifs servant la France sous
les plis de son drapeau et l'uniforme de son armée ? Nous sommes
toujours sans aucune nouvelle d'eux. Pouvons-nous, devons-nous les oublier
? Des mères, pères et sueurs, frères, souffrent encore
aujourd'hui dans l'attente soit d'un signe, soit d'un renseignement ;
demain leurs descendants seront toujours dans la même incertitude.
Un grand nombre n'est plus de ce monde. Mais comment les trépassés
sont-ils morts, quand et pourquoi ? Où est enseveli leur corps
? Ont-ils été exécutés après jugement
d'un tribunal ou égorgés ? Il nous faut le savoir.
-----Certains vivaient encore en 1986. Ils
étaient 500 à 700 Français de toutes origines, retenus
captifs en Algérie.
-----Cette information était connue
au plus haut niveau de l'Etat et du gouvernement français. Elle
ne fut pas diffusée, pour des causes politiques et stratégiques
avec l'Algérie. Devons-nous étouffer la mémoire de
ces disparus alors qu'en 1996, nous avons encore eu la certitude de la
présence, en 1989, de survivants dont des européens, dans
des mines, repérées, du Constantinois, où il y aurait
des charniers Ceci exposé, il vous renouvelle en son nom personnel,
et celui des familles éplorées, de toutes confessions et
de toutes origines, sa supplique de prendre en considération la
pieuse requête qui vous est faite et de lui faire donner la suite,
digne de la France et, il se répète, à la mesure
de ceux qui l'ont tant aimée, jusqu'à consentir, pour demeurer
français sur leur sol natal, l'ultime sacrifice. 1 vous prie de
bien vouloir agréer, Monsieur le Président de la République,
l'hommage de son profond respect.
Gaston BAUTISTA
-----Nous rappelons notre
devoir d'organiser des messes, le 2è dimanche d'octobre, journée
nationale des disparus
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