Urbanisme, architecture
à Alger, en Algérie
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--------La maison
du cultivateur et la disposition des bâtiments de ferme traduisent
d'une façon précise dans les vieux pays agricoles la psychologie
du paysan, ses murs, et l'adaptation de ceux-ci aux nécessités
du sol, du climat et des spéculations agricoles. La France, splendide
assemblage unifié de pays agricoles dissemblables, traduit admirablement
ce phénomène : la ferme des Flandres, la cour normande,
les maisons à pans de bois de Champagne, les grandes fermes closes
de Brie ou de Beauce, les chalets au-dessus des étables de la Maurienne,
les burons d'Auvergne, les mas de Provence, pour ne citer que quelques
exemples, sont ainsi de magnifiques traductions de systèmes de
cultures, de spéculations agricoles et de psychologie paysanne.
--------Boufarik, créé par Clauzel, et que nous montre la vieille gravure que reproduit la figure n°1, abritait derrière ses hauts murs, ses lacis et ses blockaus, des maisons de
paysans, et la ferme modèle que nous montre la figure 2, reproduction d'une gravure de l'époque, traduit éloquemment avec son entourage de hauts murs la profonde insécurité de cette belle région qui, actuellement, entre Birtouta et Birkadem, étale ses vignes et ses orangers dans la plus pacifiée des campagnes. Dans la région de Boufarik nous trouvons encore quelques vestiges de ces fermes bien closes, protégées des pillards par de hauts murs, et la figure n°3 d'une ferme aux Quatre Chemins rappelle, malgré quelques modifications apportées aux bâtiments, l'allure des grandes exploitations d'il y a 80 ans, que traduit aussi la ferme fortifiée de la région de Relizane que nous montre la figure n" 4.
--------Derrière le glacis du village où les hauts murs de la ferme, la maison du colon était simple. Les maisons que Bugeaud fit construire dans les villages fortifiés du Sahel nous apportent l'indication de ce qu'était et de ce qu'est encore souvent le logis du colon. La figure n°5 nous
montre l'une de ces maisons, simple certes, mais faite
comme tout ce que fait le Génie, pour durer : murs de maçonnerie
solides, charpente de bois, couverture de lourdes tuiles rondes résistant
bien au vent, distribution simple de 2 ou 4 pièces parfois avec
couloir, parfois se commandant entre elles. |
--------Toutefois,
comme le peuplement algérien se fait à ce moment avec une
mosaïque de races ou de Français venant de provinces diverses,
et comme par ailleurs l'agriculture algérienne cherche sa voie,
les bâtiments ruraux reflètent ce phénomène.
Il n'y a pas de constructions rurales spécifiquement algériennes
pendant la deuxième moitié du XIXe siècle. Les bâtiments
ruraux ne sont pas adaptés encore à un système de
culture, ils sont surtout le reflet du peuplement. Chaque famille apporte
avec elle, avec son atavisme et sa psychologie ses tendances agricoles,
et par suite ses bâtiments ruraux.--------Dans
cet ordre d'idées, l'influence mahonnaise est très nette.
Dans toute la zone à cultures légumières de la région
algéroise, les Mahonnais, en s'installant, ont construit les maisons
du type de celles dans lesquelles ils étaient habitués à
vivre : maisons à rez-de-chaussée, ou plus souvent surélevées
d'un étage, généralement accompagnées d'un
hangar, couvertes toujours en tuiles rondes, à charpente de bois,
à intérieurs non plafonnés, avec au. premier étage
les pièces dans lesquelles sèchent ou se conservent les
oignons ou les piments séchés, " les noras " si
chers à cette population.
des premiers colons de Zurich, en attendant que se construisent
sur les lots " urbains " la maison d'habitation en maçonnerie,
calquée sur la maison de Bugeaud, mais construite souvent plus
légèrement avec un mortier de terre et une couverture plus
légère de tuiles plates, maison simple, dont le type classique
est celui des quatre pièces desservies par un couloir central,
maison que complète sur un lot de 400 à 600 mètres
carrés, une écurie et un hangar, le tout groupé en
un quadrilatère avec cour centrale.
comme le montre la figure 10, c'est une maison nouvelle
qui s'édifie complètement sur la petite ferme à primeurs.
Elle s'adapte alors au climat, et la sécurité le permettant,
elle s'orne de grandes baies ou de vérandahs, et s'ouvre largement
à la brise de mer. Pierre BERTHAULT.
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![]() Cour d'une grande ferme de la Mitidja |
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