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site le 23/01/2002
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Il serait prétentieux que de vouloir traiter
en quelques lignes 126 ans de présence Française. Nous
voulons éviter de dénaturer notre documentation en la
diluant dans un flot de textes et de commentaires. Notre récit
est la transcription fidèle de nos archives ou de notre documentation.
II aborde l'arrivée des troupes Française, les quelques
dates qui firent Guelma, pour terminer avec ce qu'était cette
ville 50 ans plus tard.-------Le
8 Novembre 1836, l'armée française, forte de 10 000 hommes
quittait Bône, se dirigeant sur Constantine. La colonne en marche
forcée arriva le 10 novembre dans le Ghelma des arabes, qui n'était
qu'un amas de ruines et de décombres antiques sur lesquels de
tristes et rares gourbis se disséminaient ça et là
entourés de leurs ordinaires immondices. Ces ruines antiques,
étaient les restes de l'occupation romaine, les témoins
indéniables d'une époque de splendeurs et de richesses
que vivaient, il y a dix huit siècles, les habitants de Guelma,
autrefois Calama. Le 11 janvier 1837, le général
Clauzel quitte Alger pour ne plus revenir. |
-------------En
face de l'un des hôtels qui se dressent aux deux angles de la place
sur un portique d'arcades du plus gracieux effet, se voit une maison de
construction récente (1886). L'originalité de ce bâtiment
consiste en sa terrasse, surmontée d'une sorte de bastion crénelé,
qui lui donne les apparences d'un fortin moyenâgeux enfermé
au centre d'une construction de style moderne. Les deux plus grands cafés
de Guelma, le "Café Glacier" et le 'Café du Globe",
occupent les rez de chaussées des belles maisons de la place. Le
côté de la place, occupé par les immeubles Chuchana,
était il y a dix ans à peine, couvert d'un magnifique jardin
public, dont quelques arbres et quelques plantes subsistent seuls encore
dans la cour du "Café du Globe". Au nord-ouest de la place,
s'élève l'église cathédrale, consacrée
à saint Posidius, disciple et biographe de Saint Augustin. ---- --Dans le prolongement de la place, tout contre les murailles de l'enceinte militaire, qui l'enserre sur deux de ses côtés, tandis que la rue Saint Ferdinand le borde sur sa longueur, s'ouvre le square de la République. vaste et splendide jardin public, très bien entretenu, ombragé d'arbres nouveaux et rempli de fleurs variées, dont l'éclat le dispute au parfum. -- -Contre les fortifications du quartier militaire on a rassemblé en un musée en plein vent la plupart des débris de l'occupation romaine qui ont eu la bonne fortune d'échapper au vandalisme des successeurs des maîtres du monde. Ce sont des inscriptions épigraphiques et tumulaires, dont quelques unes datent des derniers temps de l'empire romain, tandis que d'autres remontent aux temps de la domination lybique et phénicienne. On trouve là une preuve matérielle de l'origine carthaginoise de la vieille cité de "Calama" qui, en punique, s'appelait "Malaca" (Royale). ------En face du même square, vers le tiers supérieur de la rue Saint Ferdinand, se trouve l'hôtel de la sous-préfecture. Dans la première rue transversale, la rue Sainte Hélène, se trouve la mairie, modeste bâtiment qui, lui aussi, ne répond plus au développement et à l'importance de la ville moderne. ------Par la rue Sainte Hélène on descend sur la "place du théâtre", plantée de magnifiques arbres. Au milieu s'élève l'édifice auquel cette place doit son nom et qui, malgré ses modestes proportions, témoigne de l'intérêt porté aux arts dans cette ville dont, somme toute, la création et le peuplement remontent à peine à quarante ans. (érigée en commune cri 1858). ------Les magnifiques vestiges du théâtre romain (construit dans les années 372) doivent engager les habitants de Guelma à ne désespérer ni du temps, ni de l'avenir, car, si les Romains, après deux siècles et plus d'occupation, en étaient arrivés à donner un semblable cachet de splendeur à l'antique Calama, que ne doit-on pas espérer et attendre d'une race qui, dans moins d'un demi siècle, a su déjà bâtir toute une ville, et non des moins importantes, sur les débris de la primitive cité assez belle, dit l'histoire, pour avoir été une des villes de prédilection des anciens rois numides ? ------A l'ouest de la place passe la rue de la Pépinière qui conduit à l'une des portes de la ville, la porte de la Pépinière, ainsi nommée parce qu'y aboutit la route conduisant à ce domaine communal placé à un kilomètre et demi environ de l'enceinte de la ville, dans la direction du sud-est. --- Dans la partie méridionale de cette rue se trouvent la justice de paix, de construction récente, l'école laïque de garçons, enfin au coin des rues de Bône, de la Pépinière et de l'Abreuvoir, la gendarmerie nationale, environnée sur l'une de ses faces d'un coquet jardinet. A son extrémité vient aussi aboutir la "rue d'Anouna" parcourant la ville dans sa plus grande longueur (1 kilomètre environ), large et rigoureusement droite, comme toutes les voies tracées, au moment de l'occupation, par le génie militaire. ------C'est la seule rue de Guelma qui, avec ses étroites boutiques de marchands d'étoffes mozabites aux chatoyants étalages de foulards et de tissus, avec ses relents de suint musqué, avec ses originales boutiques de barbiers, de bouchers, de cafetiers indigènes, avec, dans sa partie supérieure, sur la gauche en montant, au fond d'une placette, le minaret gracile d'une mosquée entourée d'un encorbellement de marbre rose délicatement découpé en moucharabies, ait conservé un reste de physionomie mauresque, tout en apparence, d'ailleurs, car la plupart des maisons, bien qu'affectées à des industries indigènes, sont de construction européenne et datent de l'occupation française. Guelma est, en effet, avec Philippeville, Batna et Sétif, l'une des sous-préfecture du département de Constantine qui peuvent se prévaloir à juste titre de leur origine exclusivement française. ------L'Arabe ne s'y est implanté qu'après nous et à l'occasion de notre occupation. ------Aussi ne faut-il pas s'attendre à y trouver cette singularité d'aspect qui caractérise, dans d'autre villes algériennes comme Alger, Constantine, Bône, Tlemcen, Mascara, les quartiers privitivement occupés par les Maures. ---- --Guelma s'est honoré d'une autre manière en conservant a la plupart de ses rues et places les noms destinés à rappeler la splendeur passée de la région, dont elle occupe l'un des principaux centres. ------Ainsi, la "place Salluste", à l'extrémité de la rue d'Anouna, devant la porte de ce nom, la "rue Caton", la "rue Barberousse", à l'extrémité occidentale de la ville, la "rue Bélisaire", le long des remparts du côté de Constantine et de la porte de ce nom, la "rue des Numides", de la porte de Constantine au "Théâtre romain", la "rue Scipion", qui traverse transversalement la ville dans sa partie supérieure, la "rue de Carthage", sur le côté méridionale de la place du Théatre, la "rue Saint Possidius", sur le côté oriental de l'église, la "rue Saint Cyprien", devant le marché aux légumes, la "rue d'Anouna", elle même, la "place Saint Augustin" rappellent aux générations présentes les différentes phases historiques traversées par leur ville depuis l'occupation lybique jusqu'aux derniers jours de l'empire romain et aux premiers temps de l'ère chrétienne. ------Parallèlement aux rues d'Anouna et de Bône, entre elles deux, monte en pente douce une des plus belles rues européennes de Guelma, la rue Saint Louis, qui, à son extrémité inférieure, après avoir traversé la place Saint Augustin qu'elle sépare de l'esplanade de l'église, prend le nom de rue Saint Augustin. Là, bat son plein le commerce européen de Guelma. On y remarque l'hôtel des postes et télégraphes, récemment construit, de belles vitrines, les principaux magasins de la ville et, à la partie supérieure, la prison civile véritable monument du genre, dont la façade donne sur la rue de Bône, à quelques mètres de la "porte Hackett", par où l'on pénètre dans l'enceinte exclusivement militaire, la Casbah, si l'on veut, pour conserver une dénomination générale en Algérie, où se trouvent les casernes, l'hôpital militaire, les ruines des Thermes romains et tous les autres bâtiments affectés à l'armée. -------Le quartier militaire, la Casbah, justifie l'origine militaire française de la ville. -------Comme à Batna, comme à Sétif, c'est presque une seconde ville dans la première. Des rues bordées de casernes monumentales, bien aérées, des places plantées d'arbres et environnées de logements d'officiers et de cantines divisent sa superficie, le 1/8""` environ de celle de la ville, qui, en totalité, couvre 470 hectares. ---On remarque encore, dans le Casbah, un hôpital militaire de belle et solide construction, fort bien aménagé et entretenu, orné des jardins coquets destinés aux promenades des malades convalescents. -------L'animation de ce quartier est toute due naturellement aux zouaves et soldats de toutes armes qui y jettent la note bruyante et gaie de la vie des camps. -------La porte Hackett, entrée de la Casbah en ville, est réunie à la porte de la Casbah donnant sur la campagne par une large rue qui traverse tout le quartier militaire et continue la "rue Négrier" parcourant la ville dans sa plus grande largeur. -------Après les portes de la Casbah et de la Pépinière, au sud, la porte de Bône, à l'est, la porte d'Anouna, au nord ouest, par où l'on accède au marché aux bestiaux, point culminant de la ville, la porte de Constantine ou de Medjez?Amar est la seule issue de la ville vers le nord. Bien que peu élevée et d'accès facile, la ceinture des fortifications, qui environne et ferme complètement la ville, a été pendant longtemps suffisante pour tenir en respect les tribus belliqueuses de la contrée, dominée, comme elle l'est, par les hauteurs du Djebel Hallouf au sud, et par une colline qui commande la ville au nord est sur la rive droite de la Seybouse. -------Outre les jardins publics, déjà mentionnés, la ville est ornée de jardins privés qui font de certaines maisons de véritables villas au centre même de Guelma. C'est ainsi que l'Oratoire protestant, boulevard du Sud, offre l'aspect d'un véritable nid de verdure. Le long des remparts, du côté est de la ville et au sud, un boulevard large et bien ombragé offre aux habitants un but de promenade dans l'enceinte même des fortifications. Le square et la place Saint Augustin, par leur situation centrale, demeurent cependant les endroits les plus fréquentés de l'intérieur de la ville. -------Par son exceptionnelle situation au centre géographique d'une des plus riches contrées du département de Constantine, arrosée par un des plus importants cours d'eau d'Algérie, Guelma, bien qu'érigée en commune depuis 1858 seulement, a pris un rapide développement. Sa population, qui n'était en 1858 que de 3585 habitants, tant Européens qu'indigènes, s'est élevée progressivement à 6 000 habitants (1884) et est aujourd'hui sur le point d'atteindre le chiffre de 8 000. -------La création du chemin de fer de Bône à Guelma avec prolongement jusqu'à Constantine par le Kroubs a, certes, beaucoup contribué à l'essor de cette cité naissante ; mais, comme il n'y a pas de progrès sans contre coups fâcheux, au moins pendant un certain temps, le commerce de céréales, depuis longtemps une des sources principales de revenus de la ville, s'est ralenti par suite des facilités de transport offertes par le chemin de fer aux centres avoisinants, qui n'ont plus dès lors cherché l'écoulement de leurs produits à Guelma. -------Les céréales ne sont pas, d'ailleurs, l'unique ressource de la commune. Des forêts d'oliviers environnent Guelma dans toutes les directions et produisent une huile excellente. La vigne peut être cultivée avec profit, quoiqu'elle n'ait pas pris ici toute l'extension qu'on lui a donnée dans les régions de Bône et de SoukAhras. Les magnifiques carrières de marbres colorés de la Mahouna (à six kilomètres de la ville, au sud), deviendront aussi rapidement une des principales sources de richesses de Guelma. -------Les laines, l'huile, les blés et la pierre à bâtir, que l'on rencontre aux portes mêmes de la ville, sont les principaux débouchés offerts sur place par la nature à l'industrie locale. -------La ville, depuis quelques années, est éclairée à l'électricité. Une usine à vapeur, bien outillée, alimente l'éclairage public et celui des particuliers qui ont jugé à propos de recourir à ce nouveau système, dont la supériorité sur l'éclairage au gaz s'affirme chaque jour davantage et deviendra complète, quand l'emploi de l'électricité aura été vulgarisé par le bon marché du prix de revient. Note du bureau : Nous vous avons présenté des extraits d'un texte, non datés, mais qui a vraisemblablement été écrit dans les années 1888/1902. Avertissement : La reproduction même partielle de textes, illustration (photos et dessins) pins et objets divers provenant de "Guelma 89" sont rigoureusement interdit sans accord écrit de l'association. "Guelma 89" est une association née en 1989, qui regroupe les natifs de Guelma et des villages envronnants : Petit, Gounod, Kellermann, Heliopolis, Millesimo, Lapaine, Ain Regada ect... adhérez en écrivant à sa présidente Madame Yvette Martinez rue J.B. Lulli 66350 Toulouges Tél. 68 56 42 28 |