À Fidji
siamoise " caractérielle "
15 août 1990 - 17 mai 2005 ( 15 ans = 80 ans humain)
le 18 mai 2005

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Voilà, en ce jour du 17 mai 2005, tu as rejoint le paradis des chats.

Tu restais prostrée, tu respirais de plus en plus difficilement, ne mangeais pratiquement plus...Tu étais très malade... Le vétérinaire a estimé qu'il valait mieux que tu ne souffres plus, nous aussi. Alors, une dernière fois, je t'ai cajolée, serrée dans mes bras, tu as collé ton museau à mon nez comme tu le faisais parfois, tu as plongé tes yeux si bleus dans les miens, avec un sursaut, au moment de l'injection calmante, avec cette expression de tristesse, de chatte battue que tu savais prendre pour implorer une caresse, quémander une place sur les genoux, réclamer une portion de poisson...Tu as plongé tes yeux dans les miens, je m'interroge encore : regard de reproche, regard de remerciement, regard d'adieu ? Avais-tu compris?..Je t'ai prise dans mes bras, serré doucement ton petit corps amaigri...Derniers ronrons...Peu à peu, j'ai senti ta respiration se calmer - tu avais tant de mal à respirer ces derniers temps-, j'ai senti ton petit cœur si fatigué palpiter moins vite ; je sentais, sous mes caresses, ton corps qui se relâchait progressivement, s'apaisait, ( tu as eu le temps de me faire pipi dessus!), ton souffle est devenu plus régulier, ton ventre n'a plus eu ces palpitations qui te gênaient...Ton petit cœur palpitait doucement....tu as fermé les yeux, mes larmes tombaient sur ton pelage tant de fois caressé...tu t'es laissée aller, ta tête s'est affaissée, reposée dans mes bras...Je te voyais mal à travers mes yeux embués. Dernières caresses, derniers bisous, nous t'avons laissée (nous avons presque fui) pour l'ultime injection qui allait demander à ton coeur de s'arrêter, définitivement. Nous pensons que c'est ce qu'il convenait de faire...J'aurais dû t'accompagner jusqu'à ta fin...

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Hier soir, en rentrant, point de miaulement en haut des marches...Je me suis installé sur le canapé, je t'ai attendue en vain , guettant, espérant ta venue, peut-être après tout que tout ceci n'était qu'un rêve, non, personne...cette nuit, pas de venue sur le lit de Michèle...la maison semble plus froide. Certains diront : " ce n'est qu'un chat ». Oui, pas de doute, tu n'étais qu'un chat, mais quelle chatte !!!...Tu nous as accompagnés pendant quinze ans, 24 h sur 24, ce n'est pas rien. Quinze ans, tu te rends compte. Quinze ans pendant lesquels tu nous as procuré tendresse, amour, fantaisie, caprices....Tu faisais la joie de Guillaume et Thibaud, ...les gens tombaient sous ton charme, comme femelle tu savais y faire!.. Ce matin, personne sur le tabouret, près du bol de café, je ne l'ai pas entendu bringuebaler sous ton poids...Pas de queue dressée et ta démarche insouciante..Plus de miaulements déchirants à l'arrivée du poisson sur la table...Tu ne me suivras plus sur le terrain pour me surveiller...Tu étais plus qu'une présence, je m'en rends compte maintenant. Dieu sait pourtant combien de fois je t'ai maudite parce que tu me gênais dans mes désirs de voyage, d'évasion. " Ah, non..il y a la chatte ...qui va s'occuper de la chatte..".C'est le silence...Tu me manques...Je sais que cela passera. Mais, tu resteras toujours présente ...Je me rappelle ton arrivée ici, boule de poils presque blanche, tes miaulements d'écorchée vive lors de tes premières chaleurs, mes tentatives inutiles pour te faire coucher dans cette panière que tu as dédaignée..Nos jeux...Tu me répondais quand je te parlais, les yeux mi-clos,avec tout ton corps, ton ventre qui tressautaient alors dans tes réponses. Tu arrivais à soutenir une longue discussion...Et à Noel, l'étalage des papiers faisaient ton bonheur...Tu étais imprévisible: squattant un tiroir ouvert, dormant dans les endroits les plus incongrus nous poussant à explorer tous les coins et recoins..Et tes étirements, sur le dos, miaulant et ronronnant de plaisir sous nos caresses...Tu prenais un malin plaisir à t'allonger, ronronnant, sur la feuille sur laquelle j'écrivais...Les papilllons, les mouches te rendaient comme folle...Ta facilité à escalader un tronc m'émerveillait...Tu étais fière de nous ramener un malheureux rouge-gorge, un lézard, un mulot, une taupe, ...Nous pensons en humain. Toi, qu'as-tu retenu de ces quinze ans avec nous? On dit que les chats ont sept vies, alors, peut-etre passeras-tu, un jour, ton museau derrière la porte et sauteras-tu dans nos bras?

Tu n'es plus là, tu nous manques...
Fidji, siamoise caractérielle