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Voilà, en ce jour du 17 mai 2005, tu as rejoint
le paradis des chats.
Tu restais prostrée, tu respirais de plus en plus difficilement,
ne mangeais pratiquement plus...Tu étais très malade...
Le vétérinaire a estimé qu'il valait mieux que tu
ne souffres plus, nous aussi. Alors, une dernière fois, je t'ai
cajolée, serrée dans mes bras, tu as collé ton museau
à mon nez comme tu le faisais parfois, tu as plongé tes
yeux si bleus dans les miens, avec un sursaut, au moment de l'injection
calmante, avec cette expression de tristesse, de chatte battue que tu
savais prendre pour implorer une caresse, quémander une place sur
les genoux, réclamer une portion de poisson...Tu as plongé
tes yeux dans les miens, je m'interroge encore : regard de reproche, regard
de remerciement, regard d'adieu ? Avais-tu compris?..Je t'ai prise dans
mes bras, serré doucement ton petit corps amaigri...Derniers ronrons...Peu
à peu, j'ai senti ta respiration se calmer - tu avais tant de mal
à respirer ces derniers temps-, j'ai senti ton petit cur
si fatigué palpiter moins vite ; je sentais, sous mes caresses,
ton corps qui se relâchait progressivement, s'apaisait, ( tu as
eu le temps de me faire pipi dessus!), ton souffle est devenu plus régulier,
ton ventre n'a plus eu ces palpitations qui te gênaient...Ton petit
cur palpitait doucement....tu as fermé les yeux, mes larmes
tombaient sur ton pelage tant de fois caressé...tu t'es laissée
aller, ta tête s'est affaissée, reposée dans mes bras...Je
te voyais mal à travers mes yeux embués. Dernières
caresses, derniers bisous, nous t'avons laissée (nous avons presque
fui) pour l'ultime injection qui allait demander à ton coeur de
s'arrêter, définitivement. Nous pensons que c'est ce qu'il
convenait de faire...J'aurais dû t'accompagner jusqu'à ta
fin...
------------Hier soir, en rentrant, point de miaulement en haut
des marches...Je me suis installé sur le canapé, je t'ai
attendue en vain , guettant, espérant ta venue, peut-être
après tout que tout ceci n'était qu'un rêve, non,
personne...cette nuit, pas de venue sur le lit de Michèle...la
maison semble plus froide. Certains diront : " ce n'est qu'un chat
». Oui, pas de doute, tu n'étais qu'un chat, mais quelle
chatte !!!...Tu nous as accompagnés pendant quinze ans, 24 h sur
24, ce n'est pas rien. Quinze ans, tu te rends compte. Quinze ans pendant
lesquels tu nous as procuré tendresse, amour, fantaisie, caprices....Tu
faisais la joie de Guillaume et Thibaud, ...les gens tombaient sous ton
charme, comme femelle tu savais y faire!.. Ce matin, personne sur le tabouret,
près du bol de café, je ne l'ai pas entendu bringuebaler
sous ton poids...Pas de queue dressée et ta démarche insouciante..Plus
de miaulements déchirants à l'arrivée du poisson
sur la table...Tu ne me suivras plus sur le terrain pour me surveiller...Tu
étais plus qu'une présence, je m'en rends compte maintenant.
Dieu sait pourtant combien de fois je t'ai maudite parce que tu me gênais
dans mes désirs de voyage, d'évasion. " Ah, non..il
y a la chatte ...qui va s'occuper de la chatte..".C'est le silence...Tu
me manques...Je sais que cela passera. Mais, tu resteras toujours présente
...Je me rappelle ton arrivée ici, boule de poils presque blanche,
tes miaulements d'écorchée vive lors de tes premières
chaleurs, mes tentatives inutiles pour te faire coucher dans cette panière
que tu as dédaignée..Nos jeux...Tu me répondais quand
je te parlais, les yeux mi-clos,avec tout ton corps, ton ventre qui tressautaient
alors dans tes réponses. Tu arrivais à soutenir une longue
discussion...Et à Noel, l'étalage des papiers faisaient
ton bonheur...Tu étais imprévisible: squattant un tiroir
ouvert, dormant dans les endroits les plus incongrus nous poussant à
explorer tous les coins et recoins..Et tes étirements, sur le dos,
miaulant et ronronnant de plaisir sous nos caresses...Tu prenais un malin
plaisir à t'allonger, ronronnant, sur la feuille sur laquelle j'écrivais...Les
papilllons, les mouches te rendaient comme folle...Ta facilité
à escalader un tronc m'émerveillait...Tu étais fière
de nous ramener un malheureux rouge-gorge, un lézard, un mulot,
une taupe, ...Nous pensons en humain. Toi, qu'as-tu retenu de ces quinze
ans avec nous? On dit que les chats ont sept vies, alors, peut-etre passeras-tu,
un jour, ton museau derrière la porte et sauteras-tu dans nos bras?
Tu n'es plus là, tu nous manques...

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